Elections de mi-mandat : quelle stratégie menée par Joe Biden pour tenter de sauver sa tête ?

Ces élections de mi-mandat seront cruciales pour la suite du mandat de Joe Biden à la tête des USA. Mais sa stratégie va-t-elle payer ?

Joe Biden
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Les élections de mi-mandat arrivent à grands pas. Le 8 novembre, les Américains se rendront aux urnes pour renouveler la Chambre des Représentants et élire un tiers des sénateurs.

Les enjeux sont colossaux pour les démocrates. Le Président Joe Biden pourrait sortir complètement paralysé de cette échéance. Il s’agit pour lui de la dernière chance pour garder les mains libres quant à la politique intérieure menée. Mais les choses semblent bien mal embarquées.

Des majorités déjà fragiles

C’est presque la coutume : cette échéance sanctionne traditionnellement le parti au pouvoir. Mais avant même les résultats de ces " midterms ", la position des démocrates se trouve en grande instabilité. À la Chambre basse du Congrès, les démocrates ont à l’heure qu’il est la majorité mais d’une courte tête seulement. Au Sénat, le match est encore plus serré. Avec autant de sénateurs que les républicains, Joe Biden n’a la majorité que grâce à la double voix de la vice-présidente Kamala Harris. Mais suite au volte-face de deux des siens, Biden a déjà dû faire le deuil de projets importants tels que le plan de relance massif, l’interdiction des fusils d’assaut ou encore la légalisation de l’avortement sur tout le territoire.

Parmi ces combats momentanément perdus, le Président tente de largement mobiliser l’électorat américain sur la question du droit à l’avortement. Il implore : " Si vous me donnez deux sénateurs de plus, je vous promets, je vous promets que nous allons l’entériner [l’arrêt Roe v. Wade] et que nous en ferons de nouveau la loi de la nation. "

Ce qui permettrait de mettre un terme aux pleins pouvoirs que détient à ce sujet la Cour suprême. Le choix du Président n’est pas anodin. Cinq Etats ont décidé d’organiser ce 8 novembre un référendum sur l’arrêt historique Roe V. Wade, annulé en juin dernier par la plus haute juridiction américaine. Les citoyens de ces Etats auront ainsi à se positionner sur l’interdiction ou la protection du droit à l’avortement sur leur territoire.

" L’élection la plus importante pour les femmes américaines "

À la BBC, Yasmin Radjy, une militante irano-américaine de l’organisation politique progressiste Swing Left remarquait : " C’est l’élection la plus importante pour les femmes américaines de mémoire d’homme. La liberté est spécifiquement en jeu en ce qui concerne la liberté reproductive. Si les démocrates perdent la course au poste de gouverneur dans des États comme le Michigan, l’Arizona ou le Wisconsin, l’avortement pourrait littéralement devenir illégal du jour au lendemain. "

Le droit à l’avortement devait ainsi s’imposer dans le débat public. Mais depuis lors, l’inflation galopante est passée par là. Aujourd’hui, selon de nombreux instituts de sondage, les premières préoccupations des Américains se tournent vers leur portefeuille plus que vers ce droit fondamental.

Alors la stratégie de Joe Biden sera-t-elle payante ? Au vu de la multiplicité des échéances électorales qui se tiennent ce 8 novembre, aucun sondage précis ne permet de donner des tendances claires. S’il semble que les républicains partent une longueur d’avance, les résultats devraient être serrés. Et si la majorité actuelle ne parvient à se renouveler, Biden se retrouvera sans plus aucune marge de manoeuvre pour mener sa politique intérieure. Comme l’avait vécu Donald Trump en 2018.

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