Brésil: Bolsonaro terré dans le silence, ses partisans bloquent les routes du pays

Le président brésilien n'a toujours pas reconnu sa défaite face à Lula alors que les camionneurs pro-Bolsonaro paralysent des routes dans tout le pays.

Pro-Bolsonaro à Jacarei
Autoroute paralysée par des pro-Bolsonaro, le 1er novembre 2022 à Jacarei (80 km à l’est de São Paulo) ©BelgaImage

Les blocages de routes se sont intensifiés mardi matin au Brésil au surlendemain de l’élection de Lula à la présidence, de nombreux chauffeurs de camions et des manifestants pro-Bolsonaro refusant d’accepter la défaite du président d’extrême droite. En parallèle, l’actuel président brésilien se refuse à faire la moindre déclaration depuis l’annonce de sa défaite face à Lula aux élections de ce dimanche.

Le blocage des routes, un "piège de Bolsonaro"?

La police routière fédérale (PRF) rapportait 250 barrages routiers, totaux ou partiels, dans au moins 23 des 27 Etats du Brésil. "Lula non!", était-il inscrit sur un panneau accroché au-dessus d’un viaduc à Sao Paulo, la capitale économique, où plusieurs routes étaient également bloquées, notamment celle qui la relie la grande métropole à Rio de Janeiro, empêchant le départ des bus entre les deux villes. Santa Catarina (Sud), où Jair Bolsonaro a remporté près de 70% des voix, est l’Etat qui connaît le plus important nombre de routes bloquées. "J’espère rentrer chez moi" à Rio, "j’ai pu payer une nuit dans un hôtel ici mais beaucoup de gens ont dû dormir ici à la gare routière", a déclaré à l’AFP Rosangela Senna, agent immobilier de 62 ans.

Un juge de la Cour suprême a ordonné le "déblocage immédiat des routes et des voies publiques", a indiqué l’institution dans un communiqué lundi soir. Il a ordonné à la PRF de prendre "toutes les mesures nécessaires" pour libérer les routes, sous peine d’infliger une amende à son directeur général ou de l’emprisonner pour "désobéissance". Ce mardi, l’Association brésilienne des supermarchés (Abras) a demandé à Jair Bolsonaro d’intervenir lui aussi pour débloquer la situation, les barrages mis en place par ses partisans mettant en péril l’approvisionnement des supermarchés à travers le pays.

À lire: Élections au Brésil : pourquoi la transition entre Bolsonaro et Lula s’annonce tendue

Plus de 36 heures après les résultats officiels, le président sortant Jair Bolsonaro n’a toujours pas reconnu sa défaite sur le fil (50,9%-49,1%), au contraire de plusieurs alliés de son gouvernement.
De nombreux chefs d’État étrangers ont félicité Luiz Inacio Lula da Silva, le candidat de gauche, pour son troisième mandat à la tête du pays, après ceux entre 2003 et 2010, qui débutera officiellement le 1er janvier. Ce 1er novembre, le journal Folha de São Paulo fait savoir que pour les responsables de la Cour suprême fédérale, le mouvement de blocage des routes constitue "un piège évident tendu par l’entourage plus radical du président Jair Bolsonarol" pour "forcer à une mobilisation de l’armée", cette dernière étant proche de Bolsonaro qui est un ancien militaire.

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