Chine: l’ex-président Hu Jintao expulsé de force de la clôture du congrès du PCC

L'ancien dirigeant chinois Hu Jintao a été escorté hors du congrès du PCC, alors que son successeur, Xi Jinping, pourrait devenir président à vie.

Hu Jintao devant Xi Jinping
Hu Jintao escorté hors du congrès du PCC, devant le président Xi Jinping (à droite), le 22 octobre 2022 ©BelgaImage

Lors de la cérémonie de clôture très chorégraphiée du congrès du PCC, l’ancien président Hu Jintao, âgé de 79 ans, a été emmené hors de la scène par deux hommes. Une scène inhabituelle, alors que le Parti communiste chinois a décidé samedi d’inclure pour la première fois dans sa charte une mention sur l’opposition de Pékin à l’indépendance de Taïwan. L’actuel président, Xi Jinping, pourrait quant à lui théoriquement obtenir un mandat à vie.

Un ex-président malmené

Hu Jintao, d’apparence fragile, n’est pas vraiment considéré comme un partisan de l’actuel chef du parti. Il appartient au camp de la Ligue de la jeunesse communiste du parti, affaibli par Xi Jinping. L’ancien président a cédé le poste de secrétaire général à Xi Jinping en 2012 après deux mandats. Hu Jintao représente l’ancien modèle de leadership "collectif" avec des représentants de différentes factions, des limites d’âge et de mandat, que Xi Jinping, 69 ans, veut désormais mettre de côté avec son troisième mandat.

Dans la vidéo mise en ligne, Hu Jintao, assis à la gauche de Xi Jinping, fait de la résistance face à un homme qui tente de le soulever. Arrive ensuite une deuxième personne pour l’escorter et un échange, alors que l’ex-président se montre peu coopératif. Il finit par lâcher prise, en posant visiblement une question à son successeur, jusque-là impassible, qui semble répondre par l’affirmative. Son départ précipité n’a pas reçu d’explications officielles.

65% du Comité central remanié et Xi Jinping potentiel président à vie

Outre cet incident, le congrès du PCC a marqué les esprits en "acceptant d’inclure dans la charte du parti des déclarations sur (…) l’opposition résolue et la dissuasion des séparatistes qui cherchent à obtenir l’indépendance de Taïwan", indique la résolution écrite pour l’occasion. Par ailleurs, le "rôle central" du président Xi Jinping, qui devrait obtenir dimanche un troisième mandat à la tête de la formation politique et donc du pays, a également été inclus à la charte. Les près de 97 millions de membres du parti devront "défendre le rôle central du camarade Xi Jinping au sein du Comité central du Parti et du Parti dans son ensemble", selon une résolution adoptée à l’unanimité.

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Quatre pointures du PCC, dont l’actuel Premier ministre Li Keqiang qui quittera ses fonctions en mars prochain, ne figurent plus sur la liste publiée par l’agence officielle Chine nouvelle. Le politicien de 67 ans a déjà deux mandats de Premier ministre à son actif. Il pourrait à présent occuper un autre poste important, comme présider le parlement, ce qui en ferait de facto le n°2 du régime après Xi Jinping. Le numéro trois chinois Li Zhanshu, le vice-Premier ministre Han Zheng et Wang Yang, le président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, une assemblée sans pouvoir de décision, tirent également leur révérence. Considéré comme l’une des voix les plus libérales du Parti, Wang Yang était l’un des favoris au poste de prochain Premier ministre.

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Selon des calculs de l’AFP, ce nouveau Comité central est remanié à 65% par rapport à la précédente mouture de 2017. Ce groupe de 205 personnes (dont seulement 11 femmes) doit se réunir dimanche pour la première fois. Il désignera les 25 membres de l’instance de décision du PCC (le Bureau politique) ainsi que son Comité permanent. Ce dernier, tout-puissant, compte sept membres actuellement et détient la réalité du pouvoir en Chine. Xi Jinping sera très vraisemblablement reconduit au poste de secrétaire général du PCC, permettant à l’homme fort de Pékin de décrocher en mars prochain un troisième mandat présidentiel, inédit, de cinq ans. Pour se maintenir au pouvoir, Xi Jinping avait ainsi fait supprimer de la Constitution en 2018 la limite de deux mandats. Âgé de 69 ans, il peut donc en théorie présider à vie la République populaire.

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