Assaut du Capitole: pourquoi Trump a finalement été cité à comparaître

Donald Trump a été assigné à témoigner devant le Congrès dans l'affaire de l'assaut du Capitole, alors que la commission d'enquête est engagée dans une course contre la montre.

Trump à Warren
Donald Trump le 1er octobre 2022 à Warren (Michigan) ©BelgaImage

Dans un geste "historique", la commission d’enquête sur l’assaut du Capitole a cité vendredi l’ancien président Donald Trump à comparaître "le ou autour du 14 novembre". Le milliardaire républicain devra également produire avant le 4 novembre toute une série de documents en vertu de cette assignation, dont le principe avait été acté la semaine dernière.

Une enquête déjà bien fournie

À l’issue d’une audience télévisée, la commission de la Chambre des représentants chargée de faire la lumière sur le rôle de Donald Trump dans l’attaque du 6 janvier, avait créé la surprise en votant à l’unanimité pour convoquer l’ancien président. Celui qui flirte ouvertement avec l’idée de se représenter en 2024 avait immédiatement renouvelé ses attaques contre une enquête qualifiée de "fiasco", sans dévoiler comment il allait répondre.

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Ce panel, composé de sept élus démocrates et deux républicains, a déjà interrogé plus d’un millier de témoins, dont deux enfants de Donald Trump, et épluché des dizaines de milliers de documents mais s’est heurté au refus de coopérer de certains proches. L’ex-conseiller Steve Bannon, considéré comme artisan de la victoire de Donald Trump en 2016, a d’ailleurs été condamné vendredi à quatre mois de prison pour avoir refusé de répondre à ses convocations.

Le risque d’une dissolution de la commission d’enquête

La commission est engagée dans une course contre la montre: si les démocrates perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, le 8 novembre, elle risque d’être dissoute par la nouvelle majorité républicaine. Ses deux chefs, les élus démocrate Bennie Thompson et républicain Liz Cheney, ont donc convoqué formellement Donald Trump dans trois semaines seulement.
"Nous admettons qu’assigner un ancien président est une action importante et historique et nous ne la prenons pas avec légèreté", lui ont-ils écrit. Mais, ont-ils ajouté, "nous avons les preuves que vous avez personnellement orchestré et supervisé une campagne pour changer le résultat de l’élection présidentielle de 2020 et empêcher le transfert pacifique du pouvoir", et celle-ci a débouché "sur une attaque sanglante contre le Capitole".

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Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump convaincus par ses allégations de "fraudes électorales" avaient semé le chaos dans le temple de la démocratie américaine, au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival démocrate Joe Biden. Le républicain, qui avait exhorté ses supporters à se "battre comme des diables", avait immédiatement fait l’objet d’un procès en destitution au Congrès, mais avait été acquitté grâce aux sénateurs de son parti. Cela n’a pas mis un terme à l’affaire: dans son rapport final, la commission pourrait recommander de l’inculper. La décision reviendra in fine au ministre de la Justice Merrick Garland, un homme prudent et méthodique qui "n’exclut rien".

Steve Bannon condamné

En attendant, la justice a infligé un camouflet à l’un de ses proches alliés, Steve Bannon, en le condamnant à quatre mois de prison et 6.500 dollars d’amende pour "entrave" aux prérogatives d’enquête du Congrès. "Respecter le Congrès est une composante importante de notre système constitutionnel", a justifié le magistrat Carl Nichols, en soulignant que Steve Bannon n’avait, à ce jour, toujours produit "aucun document, ni livré aucun témoignage" à la commission.

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Cet homme de 68 ans, figure du populisme de droite aux Etats-Unis, a immédiatement fait part de son intention de faire appel, ce qui suspend l’application de la sentence. Il a donc pu ressortir libre du tribunal fédéral de Washington. Devant les caméras, il a assuré "respecter la décision du juge" mais a tout de suite glissé sur le terrain politique. "Le 8 novembre sera le jour du jugement du régime illégitime de (Joe) Biden (…) et l’on sait comment cela va finir", a-t-il lancé, tout en prédisant la défaite de plusieurs membres de la commission du 6 janvier.

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