Kiev s’inquiète de la "menace croissante" d’une nouvelle offensive russe depuis le Bélarus

L'Ukraine constate la tension croissante avec Minsk et imagine quel serait le plan d'attaque si l'offensive russe était lancée dans cette zone.

Zelensky à Kiev
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le 14 octobre 2022 à Kiev ©BelgaImage

L’armée ukrainienne s’est dite jeudi inquiète de la "menace croissante" d’une nouvelle offensive russe depuis le Bélarus, son voisin au nord, dont le territoire a servi de base arrière aux forces russes pour leur invasion de l’Ukraine fin février.

Une attaque russe pour couper les ponts entre Kiev et Varsovie?

"La rhétorique agressive des dirigeants militaires et politiques de la Russie et du Bélarus s’intensifie", a déclaré à la presse Oleksiï Gromov, un responsable de l’état-major militaire ukrainien.
"La menace de reprise de l’offensive sur le front nord par les forces armées russes grandit", a-t-il affirmé, alors que Moscou et Minsk ont lancé une force militaire commune ces derniers jours. Selon lui, "cette fois, l’offensive pourrait être (lancée) à l’ouest de la frontière bélarusse pour couper les principales voies d’approvisionnement en armes et équipements militaires" étrangers qui arrivent par l’Ouest de l’Ukraine, notamment via la Pologne.

Plus tôt dans la journée, les services de renseignement bélarusses (KGB) avaient affirmé de leur côté que "presque chaque jour, nous constatons une augmentation des activités de renseignement depuis le territoire ukrainien, des tentatives quotidiennes de violer l’espace aérien du Bélarus", cité par l’agence de presse d’Etat Belta. "Malheureusement, la situation se développe très sérieusement dans notre direction sud", avait indiqué le chef du KGB bélarusse, Ivan Tertel, sans donner plus de détails. Lundi, le ministère bélarusse de la Défense avait annoncé que "jusqu’à 9.000 soldats russes" et environ 170 chars seraient déployés au Bélarus, un allié de la Russie, pour y intégrer le nouveau groupement militaire créé récemment entre les deux pays.

À lire: Ukraine: l’entrée en guerre de la Biélorussie, un " suicide politique " pour Loukachenko?

Le lancement de cette nouvelle force censée défendre les frontières du Bélarus face à une supposée menace ukrainienne a été annoncé la semaine dernière, à un moment où l’armée russe essuie plusieurs revers militaires en Ukraine. Le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait accusé à ce moment-là la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine de préparer des attaques "terroristes" et un "soulèvement" au Bélarus, laissant craindre l’intervention directe de Minsk dans le conflit en Ukraine. Le Bélarus a toutefois assuré depuis que la force militaire conjointe avec la Russie était purement "défensive".

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