Nord Stream: les premières images montrent les dégâts causés par de "puissantes explosions"

Une vidéo atteste de la puissance de l'explosion qui a frappé le Nord Stream, au vu de l'état des débris retrouvés sur le plancher marin.

Fuite du Nord Stream 1
Image de la fuite de gaz du Nord Stream 1, au large de la Suède le 28 septembre 2022 ©BelgaImage

Un tronçon d’au moins 50 mètres du gazoduc Nord Stream 1 est manquant à la suite du sabotage présumé fin septembre en mer Baltique, selon de premières images sous-marines révélées mardi.

"Seule une force extrême peut tordre un métal aussi épais"

Sur une vidéo publiée par le quotidien suédois Expressen, le gazoduc troué est visible pour la première fois, avec des morceaux de métal déchiqueté par une explosion. Filmées lundi à environ 80 mètres de profondeur, les images d’un des quatre sites des fuites révèlent que plus de 50 mètres du gazoduc ont été détruits ou a minima recouverts par les fonds marins à la suite des explosions responsables des dommages, selon Expressen.

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"Seule une force extrême peut tordre un métal aussi épais comme nous le voyons", explique Trond Larsen, le pilote de drone de l’agence norvégienne Blue Eye Robotics qui s’est chargé de conduire le drone submersible ayant filmé les images. On peut "voir un large impact sur le fond marin autour du gazoduc", précise-t-il au quotidien suédois. Les deux gazoducs Nord Stream 1 et 2 ont été endommagés par au moins deux explosions dans les eaux de la mer Baltique ayant entraîné quatre fuites. Après d’énormes émanations de méthane, celles-ci ont progressivement pris fin et la dernière d’entre elles n’est plus visible à la surface depuis vendredi, selon les garde-côtes suédois.

L’enquête avance, la Russie fait connaître son mécontentement

Localisées dans les eaux internationales au large de l’île danoise de Bornholm, les sites endommagés se trouvent pour deux d’entre eux dans la zone économique exclusive (ZEE) danoise et les deux autres dans celle de la Suède. Le 6 octobre, les autorités suédoises avaient annoncé avoir procédé à une inspection sous-marine du site et avoir collecté "des pièces à convictions" confirmant les soupçons d’un très probable acte de sabotage. Mardi, la police danoise a annoncé avec les services de renseignement PET avoir également effectué plusieurs inspections des fuites présentes sur la zone danoise. "Les inspections ont confirmé qu’il y a eu d’importants dégâts sur Nord Stream 1 et 2 dans la zone économique exclusive danoise et que ces dommages ont été causés par de puissantes explosions", ont-ils déclaré dans un communiqué.

Le Danemark, la Suède et l’Allemagne enquêtent au niveau national sur le sabotage présumé, mais l’option d’une enquête internationale s’est éloignée ces derniers jours. Le Kremlin a accuse d’ailleurs ce mardi l’Europe de s’"arranger" pour accuser Moscou d’être à l’origine de leur sabotage. "De ce qu’on entend des déclarations faites en Allemagne, en France ou au Danemark, cette enquête est en train d’être arrangée de manière à faire porter la responsabilité à la Russie, ce qui est absurde", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La Russie a accusé les pays occidentaux d’être à l’origine des explosions ayant provoqué ces fuites sur ces deux gazoducs, qui étaient à l’arrêt au moment de l’accident mais renfermaient encore du gaz. "Nous ne pouvons que regretter que l’enquête dans son ensemble se déroule au sein d’un groupe très, très restreint (…) sans la participation de la Russie, qui est copropriétaire du gazoduc", a déploré M. Peskov. La Russie a ouvert sa propre enquête sur les explosions, bien que n’ayant pas la possibilité d’investiguer sur le site. Les enquêteurs russes "font leur travail", a assuré M. Peskov.

Reliant la Russie à l’Allemagne, les gazoducs Nord Stream 1 et 2 avaient été au cœur de tensions géopolitiques entre l’Occident et la Russie. Washington les dénonçait comme un instrument de dépendance de l’Europe vis-à-vis de Moscou. Bien que hors service du fait des conséquences de la guerre en Ukraine, les pipelines contenaient des dizaines de milliers de tonnes de gaz quand ils ont été endommagés.

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