De Croo appelle à un signal politique clair sur le prix du gaz au prochain sommet européen : " Sinon, ce sera l’échec de l’Europe "

Le sommet européen qui aura lieu à Bruxelles jeudi et vendredi sera, selon le Premier ministre Alexander De Croo, "le plus important depuis longtemps".

Sans percée sur les prix du gaz, le prochain sommet serait
Alexander De Croo attend un signal politique clair © Belga Image

S’il n’aboutit pas à un " signal politique clair que nous avons la volonté de ne plus tolérer les prix élevés du gaz ", ce sera " l’échec de l’Europe ", a-t-il avancé lundi à la Chambre, en comité d’avis fédéral chargé des Questions européennes.

Le libéral était venu y préfacer le prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement des 27. L’énergie y sera une nouvelle fois au centre du menu, alors qu’on attend ce mardi la proposition officielle de la Commission autour des mesures d’économies de gaz, des achats communs, de la solidarité intra-UE en matière d’approvisionnement et de la manière de calmer les prix sur le marché de gros (avec à moyen terme la création d’une alternative à l’indice de prix TTF, utilisé actuellement).

" Une intervention temporaire et urgente "

La Belgique ronge son frein depuis de nombreux mois et répète régulièrement qu’il est " minuit cinq ", comme l’exprime Alexander De Croo. " Il doit y avoir une décision de principe de développer une intervention temporaire et urgente sur le prix du gaz sur le marché de gros. Avec suffisamment d’accords clairs sur la sécurité d’approvisionnement et la solidarité, cela doit être possible de finalement franchir cette étape. Notre pays a, dans ce but, affiné ses propositions de mars, et fait une nouvelle proposition avec l’Italie, la Pologne et la Grèce ", indique le Premier ministre.

On retrouve dans cette proposition portée par Tinne Van der Straeten, ministre de l’Énergie, les mêmes principes avancés par la Belgique depuis des semaines: un " corridor de prix " dynamique (une fourchette fluctuante) imposé à toutes les transactions sur tout type de gaz naturel sur le marché de gros, suffisamment flexible pour éviter que les fournisseurs ne tournent le dos à l’Europe. Ce corridor " n’a pas pour but de compresser les prix jusqu’à un niveau artificiellement bas ", peut-on lire dans la proposition: l’approvisionnement doit pouvoir se poursuivre, et l’incitant à limiter la consommation doit être maintenu.

L’Allemagne et les Pays-Bas réticents

D’ailleurs, ce " price cap " devrait s’accompagner de nouvelles obligations d’économies au niveau de la consommation. La proposition des quatre pays précise aussi que tout projet doit prévoir de manière différenciée trois scénarios: celui d’un approvisionnement suffisant (pas de pénurie, le marché peut fonctionner avec le corridor de prix), une pénurie potentielle (des compensations ou dérogations marginales pourraient être allouées aux importateurs), et la pénurie (différentes solutions sont envisagées).  La Commission européenne a déjà expliqué la semaine dernière les principaux axes de sa proposition à venir.

Alors que l’Allemagne et les Pays-Bas restent réticents à envisager un plafonnement général des prix de gros du gaz, l’exécutif européen a récemment ouvert la porte à cette idée, ou en tout cas à un mécanisme temporaire de plafonnement en attendant de réformer les références de prix sur le marché. Un projet circulant lundi comprend un " corridor de prix " dynamique qui entrerait en vigueur en cas de prix " extrêmes ", " corrigeant " l’indice TTF en cas de fluctuation trop importante.

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