Comment les Ukrainiens incitent les soldats russes à se rendre

Pour encourager ses ennemis russes à se rendre, l'Ukraine a lancé une hotline, promettant "vie", "repas" et "argent".

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" Russes ! La seule chance d’éviter la mort en Ukraine est de se rendre. Evitez la mobilisation, et si vous êtes déjà en Ukraine, rendez-vous immédiatement en téléphonant à l’avance au +38 066 580 34 98, au +38 093 119 29 84 (24 heures sur 24), ou utilisez le chatbot “Je veux vivre”. " Voici un des messages que l’on peut lire sur Telegram, dans le cadre du programme " Je veux vivre " lancé par les autorités ukrainiennes pour encourager les soldats russes à se rendre. Par téléphone ou sur un canal de l’application cryptée, Kiev leur promet " trois repas par jour ", des " soins médicaux " et des contacts réguliers avec la Russie à ceux qui se laisseraient capturer. Mais aussi un petit pactole s’ils désertent avec du matériel militaire. Comptez par exemple 50.000 dollars pour un char en bon état.

Les soldats russes peuvent également mentir sur la manière dont ils ont été faits prisonnier, afin de conserver leur paie ou éviter la prison. Depuis la mobilisation, la désertion ou la reddition volontaire à l’ennemi font encourir une peine allant jusqu’à dix ans de prison.

Propagande ou non ?

Le 29 septembre, la porte-parole du département ukrainien des prisonniers de guerre a assuré avoir reçu " plus de 2 000 appels " de soldats russes ou de leur entourage.  Pour illustrer son propos, des vidéos de capture sont régulièrement postées sur le canal Telegram dédié au programme, sans qu’il soit possible de formellement les authentifier. Sur l’une d’entre elles, publiée début octobre, on peut apercevoir un char russe, des drapeaux blancs fixés un peu partout, se diriger vers des soldats ukrainiens. Deux hommes sautent de l’engin, s’allongent et sont fouillés. Un troisième finit par sortir.

La guerre a pris une autre tournure depuis les bombardements russes de ce lundi dans plusieurs villes ukrainiennes, dont Kiev, suite à l’explosion du pont de Crimée. Et les soldats russes n’ont plus de visibilité sur leur date de retour au pays : la mobilisation partielle décrétée par Poutine rallonge indéfiniment la durée de leur contrat.

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