Ukraine: bombardements mortels à Zaporijjia, le pont de Crimée rouvert

Des bombardements ont visé la ville de Zaporijjia, alors que Moscou assure que la circulation peut reprendre sur le très abîmé pont de Crimée.

Destructions à Zaporijjia
Bâtiment de Zaporijjia pulvérisé par un missile russe, le 6 octobre 2022 ©BelgaImage

Au moins 17 personnes ont été tuées dimanche dans des bombardements sur la ville de Zaporijjia (sud de l’Ukraine), trois jours après de précédentes frappes qui avaient fait 17 morts, a-t-on appris de source officielle. En parallèle, le pont de Crimée, infrastructure clé et symbolique reliant la Russie à la péninsule annexée en 2014 au détriment de l’Ukraine, a rouvert à la circulation routière et ferroviaire après avoir été partiellement détruit samedi par une énorme explosion attribuée par Moscou à un camion piégé.

La Russie frappe Zaporijjia et assure avoir le contrôle de la situation en Crimée

"Après une attaque nocturne de missiles sur Zaporijjia (…), 17 personnes sont mortes", selon un premier bilan, a déclaré Anatoliy Kourtev, secrétaire du conseil municipal de la ville, sur son compte Telegram. Les frappes ont touché des maisons et des immeubles d’habitation de plusieurs étages, a-t-il précisé. Jeudi, la ville avait déjà été la cible de sept missiles au petit matin, tuant dix-sept personnes.

Les frappes de dimanche interviennent au lendemain d’une énorme explosion, attribuée par Moscou à un camion piégé, sur le pont de Crimée. "Le trafic ferroviaire sur le pont de Crimée a été totalement rétabli", a affirmé à la presse le vice-Premier ministre russe Marat Khousnoulline, selon l’agence Ria Novosti, sans précision horaire.
"Tous les trains programmés vont passer en totalité", a-t-il ajouté. Il a précisé sur son compte Telegram que cette reprise concernait aussi bien "les trains de passagers que de marchandises". "Nous avons les capacités techniques pour cela", a-t-il assuré. Un opérateur de la ligne ferroviaire avait annoncé quelques heures plus tôt que deux trains étaient déjà partis en direction de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

Les autorités de Crimée avaient annoncé dans l’après-midi que la circulation avait repris pour les voitures et les bus sur la seule voie routière du pont restée intacte. Ce qu’a confirmé M. Khousnoulline, précisant que la seconde voie serait de nouveau opérationnelle "dans un proche avenir" et que les conclusions des observations menées samedi sur les parties endommagées seraient connues dimanche. Des ferries vont prendre le relais, notamment pour la traversée des poids-lourds. "Nous ne prévoyons pas de pénurie", a relevé le vice-Premier ministre. L’agence de presse russe Tass avait indiqué plus tôt que la circulation ferroviaire avait totalement repris pour les passagers et les marchandises mais avec des retards.

L’attaque du pont de Crimée, un camouflet pour Moscou?

Des images de vidéosurveillance diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une puissante explosion au moment où plusieurs véhicules circulaient sur le pont, dont un camion que les autorités russes soupçonnent d’être à l’origine de la déflagration. Sur d’autres clichés, on peut voir un convoi de wagons citernes en flammes sur la partie ferroviaire du pont, et deux travées d’une des deux voies routières effondrées. Selon les enquêteurs, l’attaque survenue au petit matin a fait trois morts: le conducteur du camion et deux personnes –un homme et une femme– qui circulaient en voiture à proximité de la déflagration et dont les corps ont été sortis des eaux.


Le Comité d’enquête a affirmé avoir établi l’identité du propriétaire du camion piégé, un habitant de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, et que des investigations étaient en cours. Ce pont en béton, construit à grands frais sur ordre de Vladimir Poutine pour relier la péninsule annexée au territoire russe, sert notamment au transport d’équipements militaires de l’armée russe combattant en Ukraine. Si l’Ukraine est à l’origine de l’incendie et de l’explosion sur le pont de Crimée, le fait qu’une infrastructure aussi cruciale et aussi loin du front puisse être endommagée par les forces ukrainiennes serait un camouflet pour Moscou.

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