Qui a tué Daria Douguina, fille d’un nationaliste russe? L’enquête avance

Pour la première fois, des sources occidentales recoupent des informations données par les Russes, même si des zones d'ombre persistent.

Funérailles de Daria Douguina
L’ultranationaliste russe Alexandre Douguine aux funérailles de sa fille, Daria, le 23 août 2022 à Moscou ©BelgaImage

Dans la nuit du 20 août dernier, une voiture explose à Bolchié Viaziomy, 40 kilomètres à l’ouest de Moscou. À l’intérieur, une femme de 29 ans, Daria Douguina, une journaliste et militante d’extrême-droite mais surtout la fille d’Alexandre Douguine, un théoricien politique ultranationaliste russe. Tous deux étaient de fervents partisans de la guerre contre l’Ukraine et Vladimir Poutine n’aurait pas été insensible à leur influence. La mort de Daria a d’ailleurs fait réagir le Kremlin, le président dénonçant un "crime ignoble".

Mais depuis, la question de savoir qui est le coupable de cet assassinat est resté en suspens. Mais aujourd’hui, de nouveaux éléments ont été dévoilés par une enquête du New York Yimes, basée sur des sources anonymes au sein des services de renseignement américains.

Kiev au centre de l’attention

Selon les révélations du quotidien new-yorkais, les USA ont été surpris par l’événement. Ils n’ont ainsi ni participé à l’attentat, ni fournit quelque assistance que ce soit pour que cela se produise. Par contre, les autorités américaines suspectent vite l’Ukraine et ont même "réprimandé" des responsables ukrainiens. Elles craignent notamment que cet attaque "purement symbolique" n’aie que "peu d’impact sur le champ de bataille et pourrait pousser Moscou à mener ses propres opérations contre de hauts responsables ukrainiens". Le magazine Forbes ajoute dans la foulée qu’aucun élément ne permet de dire si telle ou telle personne était au courant de l’affaire au sein du gouvernement ukrainien.

Il faut préciser que depuis les débuts, Kiev a nié son implication dans l’attentat. Cela n’a pas empêché Moscou de pointer du doigt son voisin dès les premiers jours. Aujourd’hui, c’est la première fois que des sources du camp occidental tendent eux aussi à confirmer la piste ukrainienne brandie par la Russie. Fin août, le FSB russe affirmait qu’une Ukrainienne du nom de Natalia Vovk aurait planifié l’attaque avec l’aide d’un autre suspect ukrainien.

Une hypothèse a souvent été brandie pour expliquer l’attaque: la cible aurait pu être non pas Daria mais son père, qui joue un rôle bien plus important dans le cadre de la guerre en Ukraine. Était-ce vraiment le cas ou pas? La question reste en suspens. L’attentat aura néanmoins fait beaucoup parler, autant en Russie qu’en Occident.

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