Pourquoi les tueurs en série sont en déclin depuis les années 1980

Plusieurs théories tentent d’expliquer la raréfaction de ces criminels qui ont captivé toute une génération.

Le nombre de tueurs en série a chuté depuis les années 1980
Jeffrey Dahmer, tueur en série au coeur d’une nouvelle production Netflix. © Belga Image

Dans les années 1970 et 1990, les histoires de tueurs en série comme celles de Ted Bundy, Jeffrey Dahmer ou encore John Wayne, ont fait les gros titres de la presse internationale. Aujourd’hui, il semblerait que leur nombre soit en déclin.

Selon des données compilées par Mike Aamodt de l’Université de Radford et relayées par Discover Magazine, 770 tueurs en série ont opéré aux États-Unis au cours des années 80. S’ils étaient encore 670 dans les années 90, leur nombre a fortement chuté avec l’arrivée des années 2000 pour atteindre le nombre de 100 en 2016. En outre, 189 personnes sont décédées des mains de tueurs en série en 1987, contre seulement 30 en 2015. Plusieurs théories tentent d’expliquer la raréfaction de ces criminels qui ont captivé toute une génération.

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Une diminution générale de la criminalité 

Il est important de préciser que l’avènement des tueurs en série coïncide avec une augmentation générale du crime aux Etats-Unis dans les années 70 et 80. Ce type de criminels ne serait donc pas une " espèce " à part puisque leur déclin va de pair avec une diminution générale de la criminalité aux States.

Cependant, d’autres facteurs sont à prendre en compte, comme les avancées de la police scientifique qui permettent aujourd’hui d’attraper certains criminels bien plus rapidement que par le passé, notamment grâce à leur empreinte génétique. Joseph DeAngelo, le " tueur du Golden State ", a fini par être attrapé en 2018 grâce à une recherche ADN.

" Grâce à l’ADN et à l’amélioration de la médecine légale, et parce que la police est désormais consciente du phénomène, les tueurs en série sont plus susceptibles d’être détectés qu’ils ne l’ont jamais été ", a déclaré Thomas Hargrove, fondateur du Murder Accountability Project. Les peines de prison plus longues dissuaderaient aussi les criminels de récidiver et donc de devenir des tueurs en série.

Moins de cibles " faciles "

Selon le criminologue James Alan Fox, les individus seraient moins " vulnérables " qu’auparavant, ce qui limite le nombre de victimes potentielles : " Les gens ne font plus d’auto-stop de nos jours. En cas de danger, ils ont les moyens d’appeler à l’aide grâce à leur téléphone portable ", indique le professeur à la Northeastern University.

Les recherches en psychologie montrent que les jeunes ayant eu une enfance difficile sont d’une manière générale mieux suivis par des professionnels de la santé mentale. Ce qui permettrait de désamorcer les cas difficiles et de mieux identifier les personnes les plus à risques. De plus, selon Thomas Hargrove, internet et la pornographie auraient permis d’" étouffer " les pulsions sexuelles de certains meurtriers : " Il est possible qu’Internet fournisse un exutoire non-violent à ces personnes ".

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Un nombre sous-estimé ?

Selon les estimations du FBI, les meurtres en série représentent aujourd’hui moins de 1% des homicides aux Etats-Unis. Avec un taux annuel d’homicide oscillant autour des 15.000, cela représente 150 meurtres perpétrés par 25 à 50 criminels.

Un chiffre qui sous-estimerait toutefois leur nombre réel, selon Thomas Hargrove. Un tiers des 15.000 meurtres commis chaque année aux États-Unis ne déboucherait sur aucune arrestation. Une partie de ces homicides pourrait ainsi être commise par des tueurs en série toujours dans la nature.

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