Après Pyongyang, Séoul et Washington tirent des missiles, dont un raté qui a créé la panique

La Corée du Sud et les États-Unis ont répondu aux provocations nord-coréennes par des tirs de missiles, dont un qui s'est écrasé côté sud-coréen.

Tir de missile en Corée du Sud
Tir de missile en Corée du Sud, le 5 octobre 2022 ©BelgaImage

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont lancé quatre missiles sol-sol en direction de la mer du Japon, a annoncé mercredi l’armée sud-coréenne, après une série de tirs par la Corée du Nord. L’échec d’un tir de missile balistique a semé la panique dans une ville ordinairement calme de Corée du Sud, après que l’engin s’est écrasé au sol et a généré un important incendie, ont communiqué mercredi des responsables.

Les USA "assurent que nous avons les capacités militaires prêtes"

Selon l’état-major sud-coréen, les armées sud-coréenne et américaine ont tiré chacune deux missiles tactiques vers des cibles simulées. Mardi, les aviations des deux pays alliés avaient déjà mené un exercice de bombardement sur une cible en Mer Jaune.

Le porte-parole du Conseil national de sécurité américain John Kirby, interrogé par la chaîne CNN, a indiqué qu’il s’agissait de "répondre aux provocations du Nord, pour nous assurer que nous pouvons démontrer nos propres capacités" et "nous assurer que nous avons les capacités militaires prêtes". Il n’a toutefois pas confirmé directement les tirs, et n’a pas apporté plus de détails. "Il ne faut pas en arriver là. Nous avons clairement fait savoir à Kim Jong Un que nous sommes prêts à nous asseoir à la table sans conditions préalables", a-t-il ajouté.

Une ville sud-coréenne a cru que la guerre avait commencé

Mardi en fin de journée, l’armée sud-coréenne a tiré un missile balistique de courte portée Hyunmoo-2 qui a subi un dysfonctionnement et s’est écrasé peu après son lancement. Le propergol de l’engin a pris feu mais son ogive n’a pas explosé, a précisé un responsable de l’armée sud-coréenne à l’agence de presse Yonhap. "De nombreux habitants paniqués ont appelé la mairie", a rapporté à l’AFP une responsable au sein de la mairie de Gangneung. "Au début, nous n’avons pas su ce qui se passait parce que nous n’avions reçu aucun avertissement de la part de l’armée au sujet d’un tel entraînement", a-t-elle ajouté sous couvert d’anonymat.

Séoul et Pyongyang sont toujours techniquement en guerre, la guerre de Corée de 1950 à 1953 s’étant conclue par un armistice plutôt qu’un traité de paix. Les affrontements armés entre les deux voisins sont rares, mais le crash de ce missile a conduit plusieurs habitants à penser que la guerre avait éclaté. L’état-major interarmées sud-coréen a expliqué qu’aucune victime n’avait été signalée et qu’il recherchait la cause de ce tir raté.

L’ONU dénonce les agissements de la Corée du Nord

La Corée du Nord, qui a revu sa législation pour rendre "irréversible" son statut de puissance nucléaire, a intensifié cette année ses tirs et a lancé un missile balistique intercontinental (ICBM) pour la première fois depuis 2017. Pyongyang a tiré mardi un missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) qui a survolé le Japon, ce qui a conduit Tokyo à activer son système d’alerte et à demander aux habitants de certaines régions de se mettre à l’abri.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dénoncé une "escalade" et appelé Pyongyang "à reprendre le dialogue" afin de parvenir à "une dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule coréenne". Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a pour sa part déploré une "provocation" violant "clairement les principes universels et les normes des Nations unies", et ordonné "une réponse ferme".

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