Elections au Brésil : le bilan écologique catastrophique de Jair Bolsonaro

En quatre ans, la situation environnementale a largement souffert des politiques écocides du président Jair Bolsonaro.

Elections au Brésil : le bilan écologique catastrophique de Jair Bolsonaro
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Ce dimanche 2 octobre, 156 millions de Brésiliens sont appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle. Parmi les onze candidats, deux se détachent. L’ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva et le président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Alors que le bilan de ce dernier divise la société brésilienne, son action n’aura pas été neutre pour l’environnement. Les militants écologistes y vont sans détour : " Carnage ", " Apocalypse ". Les qualificatifs sont lourds. Mais en quatre ans à peine, le Brésil est passé de leader en politique écologique en interlocuteur infréquentable. Le poumon vert de la planète qu’est la forêt amazonienne aura été rasée de 40.000 km2 pour être remplacée par de vastes pâturages. " Chaque jour, 1,5 million d’arbres sont abattus, soit près de 4.000 terrains de football. Du jamais vu en deux décennies ", note le quotidien Le Monde.

" L’intérêt de l’Amazonie, ce ne sont pas les indiens ni les putains d’arbres "

La politique de gestion de la forêt pousse à l’amplification de cette dévastation. Les agences protectrices de la nature sont méticuleusement torpillées. Leurs budgets sont coupés. Leurs actions réduites à leur plus simple expression. " L’intérêt de l’Amazonie, ce ne sont pas les indiens ni les putains d’arbres, mais le minerai ! ", s’époumonait en toute quiétude le leader brésilien en 2019. Les cours d’eau ont été pris d’assaut. Une ruée vers l’or qui a permis à de nombreux Amazoniens de retirer un certain lucre de cette activité. Ruée vers l’or qui a également pollué de nombreuses rivières.

Les populations autochtones ne peuvent que subir ces éléments. Pire, ils ont été plus encore marginalisés. Isolés, les peuples natifs font aujourd’hui fasse à de nombreuses épidémies ainsi qu’à une famine grandissante. " Bolsonaro a répandu l’illusion que le futur de l’Amazonie passait par la destruction de la forêt ", constate Cristiane Mazzetti, porte-parole de Greenpeace Brésil.

" Il peut être considéré comme un criminel"

Si la forêt Amazone s’élève comme l’étendard de cette politique écocide, c’est tout l’environnement brésilien qui se retrouve en souffrance. Si Lula présente un programme soucieux de la préservation du biotop local, l’action du président sortant pourrait s’avérer irréversible. Dans les colonne du Monde, l’ancienne ministre brésilienne de l’Environnement Marina Silva n’y va pas par quatre chemins : " Sur bien des aspects, et en particulier l’environnement, il peut être considéré comme un criminel. Et un criminel de lèse-humanité ! A terme, Jair Bolsonaro devra être rendu coupables de ses crimes, notamment écologiques, et être poursuivi devant la justice, que ce soit au Brésil ou à l’intention. Mais avant cela, nous devons le sanctionner aux élections. "

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