Référendums : pourquoi Poutine s’empresse d’annoncer l’annexion de ces régions ukrainiennes

Alors que la guerre en Ukraine fait toujours rage, Poutine s'apprête à donner un discours pour entériner les référendums d'annexion des quatre régions ukrainiennes.

Poutine va donner un discours sur l'annexion des régions ukrainiennes
Le président russe Vladimir Poutine le 21 septembre 2022 © Belga Image

Malgré les protestations et l’indignation internationale, rien n’y aura fait… Poutine entend bien poursuivre dans sa folie et continue de s’enliser dans un conflit où il perd de plus en plus pied. Et il veut aller vite. " Une cérémonie de signature d’accords sur l’entrée des nouveaux territoires dans la Fédération de Russie se tiendra aujourd’hui à 15 heures [14 heures, heure de Paris] au Kremlin ", a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov à nos confrères de l’AFP. " Vladimir Poutine prononcera un discours important lors de cet événement ", a-t-il ajouté.

Faisant suite aux référendums organisés à la va-vite et qualifiés par beaucoup de " mascarades " ou encore de " simulacre ", les régions ukrainiennes de Zaporijja, Kherson, Donetsk et Lougansk sous contrôle russe vont ainsi rejoindre le giron de la Fédération de Russie. Un pas de plus dans l’escalade de la violence.

Le spectre de la menace nucléaire

Si Kiev et les autorités internationales ne comptent pas reconnaitre l’annexion de ces territoires, elle marque malgré tout un tournant dans la guerre qui dure depuis 7 mois aux portes de l’Europe.

S’enfonçant dans la logique du conflit, le passage de ces 4 régions qui ne représentent pas loin d’un cinquième du territoire ukrainien sous le giron russe marque un véritable tournant dans la guerre.

D’un côté, en annexant ces régions, la Russie entend défendre son territoire et l’a fait savoir très clairement : tous les moyens sont bons. Vladimir Poutine continue d’agiter le spectre de la menace nucléaire et pourrait l’utiliser pour défendre ces régions. " Ce n’est pas du bluff ", avait-il affirmé.

Et de l’autre, les offensives (légitimes) que l’Ukraine pourrait tenter pour récupérer les dits territoires seraient quasi fratricides et risqueraient de provoquer la menace nucléaire brandie à tout va par la Russie.

Des célébrations de façade

Le trafic de Moscou a été fortement ralenti, voir même arrêté par endroit, une énorme estrade a été érigée au pied des murs du Kremlin, des concerts et autres festivités sont prévues pour accompagner le (long) discours attendu de Vladimir Poutine.

Mais tout cela cache maladroitement une perte de vitesse russe dans ce conflit. Face à la contre-offensive ukrainienne, la Russie semble perdre pied. Poutine n’est plus en odeur de sainteté. Alors qu’en 2014, l’annexation de la Crimée, lui avait valu une popularité record, ici on est loin du compte. Il est désormais prêt à tout pour montrer ou tenter de prouver sa surpuissance.

Après l’annonce de la mobilisation partielle qui a provoqué un véritable mouvement de fuite des ressortissants russes qui préfèrent l’exil à la folie de la guerre, l’apparente neutralité bienveillante du peuple russe se transforme en colère sourde.

Alors que devons-nous attendre réellement de cette prise de parole ? Quelle est sa légitimité alors qu’au même moment, l’ONU a fortement condamné cette annexion ? Assistons-nous à une véritable fuite en avant ? Si oui, jusqu’où ira Poutine ? Peut-être que certaines de ces questions trouveront leur réponse dans le discours que le président russe donnera cette après-midi.

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