Guerre en Ukraine: après un simulacre de "referendum", les autorités prorusses revendiquent la victoire

Les autorités prorusses des régions ukrainiennes de Zaporijjia, Kherson, Lougansk et Donesk ont revendiqué la victoire du «oui» en faveur d'une annexion par la Russie, lors des «référendums» d'annexion organisés par Moscou et dénoncés par Kiev et ses soutiens occidentaux.

Roubijné, dans la région de Lougansk, le 1er juin
Roubijné, dans la région de Lougansk, le 1er juin @BELGAIMAGE

Moscou a en outre brandi encore une fois la menace de l’arme nucléaire pour défendre ces territoires. La commission électorale de la région de Zaporijjia a affirmé que 93,11% des électeurs avaient voté pour le rattachement à la Russie, après le dépouillement de 100% des bulletins de vote, tout en précisant qu’il s’agissait pour l’heure de résultats préliminaires.

Dans la région de Kherson, l’administration d’occupation pro-Moscou a indiqué que 87,05% des électeurs avaient voté en faveur du "oui", après le dépouillement de tous les bulletins. Peu après, celle de Lougansk a aussi annoncé la victoire du oui. Dans la soirée, les autorités prorusses de la région de Donetsk ont fait de même.

"Bienvenue à la maison, en Russie!", a rapidement réagi sur Telegram l’ancien président Dmitri Medvedev. "Nous nous réunissons avec notre grande patrie, avec la grande Russie", a réagi le chef de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline.

20% de la surface de l’Ukraine annexé

Les alliés de l’Ukraine ont dénoncé ces scrutins, organisés dans l’urgence face à la progression des forces de Kiev. La secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques a répété mardi lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur ces "référendums" d’annexion, le soutien des Nations unies à "l’intégrité territoriale de l’Ukraine" dans ses "frontières reconnues". Le G7 a juré de ne "jamais reconnaître" les résultats et Washington a promis une réplique "sévère" par la voie des sanctions économiques.

Par la voix de son ambassadeur à l’ONU, la Chine a appelé au respect de "l’intégrité territoriale de tous les pays". "La Chine a pris note des dernières évolutions de la situation en Ukraine" et "notre position" est "claire et constante ; c’est-à-dire que la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays doivent être respectées", a déclaré Zhang Jun, alors que Pékin est accusé par les Occidentaux d’être trop conciliant avec la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté défendu ces scrutins comme le moyen de "sauver les populations" locales, Moscou justifiant son invasion en accusant Kiev de "nazisme" et d’orchestrer un "génocide" des russophones en Ukraine. Ces votes concernent plus de 20% de la surface de l’Ukraine.

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