10 choses à savoir sur Mahsa Amini, dont la mort embrase l’Iran

Sa mort a provoqué le mouvement de colère de la société iranienne, écartelée entre un désir de liberté et un islam rigoriste.

mahsa amini
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Les faits

Le 13 septembre dernier, alors qu’elle venait rendre visite à sa famille à Téhéran, Mahsa Amini, 22 ans, originaire du Kurdistan iranien est arrêtée par la police des mœurs parce qu’elle porte “d’une façon indécente” le voile. Après son arrestation, Mahsa tombe dans le coma et décède, officiellement, trois jours plus tard.

Le contexte

En Iran, depuis 1979 et la révolution islamique, il est obligatoire, pour une femme, de se couvrir les cheveux en public. De même, les femmes ont interdiction de porter des pantalons serrés ou troués, des couleurs vives ou des manteaux au-dessus du genou.

Les images

Le week-end du 14 septembre, une vidéo de l’arrestation circule et est reprise partout dans le monde. Même si les images sont impressionnantes, elles laissent apparaître des violences verbales et de violentes empoignades mais pas un passage à tabac systématique.

Les autres images

Une autre version de l’arrestation de la jeune femme est diffusée probablement à l’initiative des autorités iraniennes. Celle-ci – sans qu’on sache si elle est authentique – ne montre aucune violence mais bien une jeune femme qui s’écroule.

Interprétations

S’affrontent alors deux récits. Selon le premier, la jeune Kurde aurait été enjointe de se rendre dans un commissariat et y aurait perdu conscience suite à une affection médicale préexistante. Selon le second, la jeune femme a été battue à mort (lors de son transfert) au commissariat.

Réactions virtuelles

De très nombreuses vidéos de jeunes femmes enlevant leur voile, le brûlant, voire coupant leurs cheveux en protestation contre la mort de Mahsa Amini se répandent sur les réseaux sociaux.

une femme se coupe les cheveux en soutien à Mahsa Amini

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Réactions réelles

De très nombreuses manifestations de femmes tête nue – des hommes font également partie des protestataires – demandant l’abolition du port obligatoire du voile de rue éclatent partout en Iran. Celles-ci sont violemment réprimées par les autorités.

Bilan

Au moins trente-cinq personnes ont été tuées, selon un bilan officiel. L’ONG d’opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, faisait, quant à elle, état d’au moins 50 morts.

Conséquences politiques

L’Union du peuple de l’Iran islamique, formée par les proches de l’ex-président Mohammad Khatami, a dit exiger des autorités qu’elles ouvrent “la voie à l’annulation de la loi sur le hijab obligatoire”, qu’elles mettent fin “aux activités de la police des mœurs” et qu’elles “autorisent les manifestations pacifiques”.

Riposte militaire

Les Gardiens de la Révolution ont lancé une attaque à l’artillerie lourde sur la région kurde du nord de l’Irak, où se situerait le “quartier général des terroristes anti-iraniens” responsables des “désordres de ces derniers jours”.

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