" Protestez ! Luttez ! Fuyez ! ", Zelensky exhorte les Russes à se dresser contre la mobilisation

Dans une vidéo postée jeudi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé les Russes à protester contre la mobilisation partielle sur le front ukrainien.

Zelensky lors de sa prise de parole du jeudi 22 septembre
Zelensky lors de sa prise de parole du jeudi 22 septembre © Belga Image

L’annonce avait fait l’effet d’une bombe mercredi matin. Vladimir Poutine déclarait dans un long discours diffusé par la télévision de l’État où la menace au recours aux armes nucléaires était à peine dissimulée, la " mobilisation partielle " de 300 000 soldats réservistes.

Déclenchant presqu’immédiatement une fuite massive des Russes vers les pays limitrophes, démentie par le Kremlin qui évoque un " phénomène grandement exagéré " – malgré les très nombreux clichés, vidéos et autre médias partagés attestant de cette fuite.

Et dans cette guerre de l’image et de la communication qui oppose le géant russe face à l’Ukraine, la réaction de son président ne s’est pas fait attendre. Dans une vidéo postée jeudi soir, Volodymyr Zelensky a appelé les Russes à protester contre cette fameuse mobilisation partielle.  

"55000 soldats russes ont été tués dans cette guerre en six mois […] Vous en voulez davantage ? Non ? Alors protestez ! Luttez ! Fuyez ! Ou rendez-vous à l’armée ukrainienne, a-t-il lancé en russe. Ce sont vos options pour survivre". Il va encore plus loin, "Vous êtes déjà complices de tous les crimes (de l’armée russe), des meurtres et de tortures dont les Ukrainiens sont victimes. Parce que vous vous êtes tus. Parce que vous vous taisez toujours", a accusé M. Zelensky.

Fuir, mais pour aller où ?

Ainsi, depuis mercredi, on assiste, lentement mais surement, à un lent exode pour ces russes qui décident de fuir le pays. Mais fuir pour aller où ?

Car depuis 6 mois, les Russes ne peuvent plus prendre de vols en direction de l’Union Européenne et les visas sont attribués au compte-goutte. D’autre pays vont encore plus loin, comme les Pays Baltes par exemple qui ont fermé leurs frontières. Et de concert avec la Pologne ainsi que la République Tchèque ont déclaré qu’ils n’offriraient aucuns visas aux déserteurs russes.

Actuellement, le seul pays membre de l’Union Européenne à maintenir sa frontière ouverte avec la Russie est la Finlande. Mais la situation risque de changer, le gouvernement finlandais a annoncé vouloir fermer ses frontières et ralentir sa distribution de visa afin de réguler l’arrivée des ressortissants russes.

Simultanément à ces réactions de repli, l’Allemagne se déclare, elle, prête à accueillir les déserteurs russes. "Celui qui s’oppose courageusement à Poutine et se met ainsi en grand danger peut demander l’asile politique en Allemagne", a déclaré la ministre allemande de l’Intérieur Nancy Faeser.

Face à cette disparité de réaction, la Commission Européenne exhorte les 27 à s’accorder sur une politique commune tout en rappelant que les ressortissants Russes ont le droit de demander l’asile en Europe.

" Je ne veux pas mourir dans cette guerre insensée "

Une personne, passée en Mongolie, a ainsi raconté à l’AFP sous couvert d’anonymat avoir dû attendre " pendant douze heures " pour passer la frontière en voiture.

Aux arrivées de l’aéroport d’Erevan en Arménie, des Russes interrogés par l’AFP ont admis avoir fui la mobilisation. Dmitri, 45 ans et un petit sac à la main, dit avoir laissé femme et enfants au pays. "Je ne veux pas mourir dans cette guerre insensée. C’est une guerre fratricide", a-t-il confié, préservant son anonymat.

La veille, plus de 1.300 personnes avaient été arrêtées lors de manifestations improvisées anti-mobilisation à travers toute la Russie, selon l’ONG OVD-Info. Le Kremlin a lui continuer de démentir l’ampleur des départs, un phénomène " grandement exagéré ".

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