"Je vais régler cela à un autre niveau": quand le fils du porte-parole du Kremlin refuse d’être mobilisé

Le fils de Dmitri Peskov s’est fait piéger par un canular dans lequel un opposant à Vladimir Poutine se faisait passer pour un commissaire militaire. Convoqué pour participer à l’effort de guerre en Ukraine, Nikolaï Peskov a essayé d'esquiver.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov @BELGAIMAGE

Pour éviter la mobilisation partielle décrétée mercredi par Vladimir Poutine, il y a ceux qui manifestent, ceux qui projettent d’acheter un billet d’avion pour s’enfuir à l’étranger, ou ceux qui pensent à se casser un bras … Et puis, il y a ceux qui envisagent de faire jouer leurs relations. C’est le cas de Nikolaï Peskov, le fils de Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, piégé mercredi par un canular.

C’est le média russe indépendant The Insider qui a relayé l’opération montée par Dmitri Nizovtsev, un proche de l’opposant au régime Alexei Navalny, qui anime la chaîne YouTube Popular Politics.

L’animateur s’est fait passer pour un recruteur de l’armée chargé d’appeler les réservistes à mobiliser. "Une convocation vous a été envoyée aujourd’hui", commence Dmitri Nizovtsev, avant de poursuivre sur un ton ferme :"Dessus, il y a un numéro que vous devez rappeler et demain, à 10H00 du matin, vous devez vous présenter dans un centre de convocation".

Un temps désarçonné, Nikolaï Peskov, 32 ans, finit par répliquer : "Evidemment, que je ne viendrai pas demain à 10H00 du matin. (…)Vous devez comprendre, si vous savez que je suis M. Peskov, qu’il n’est pas tout à fait correct que je sois là-bas", continue le fils du porte-parole du Kremlin, expliquant qu’il n’est "pas un simple soldat". "Je règlerai ça à un autre niveau", ajoute-t-il, dans la suite de la retranscription relayée par TF1, tout en précisant "Je n’ai aucun problème pour défendre la patrie. Mais je dois d’abord comprendre ce qui est faisable me concernant".

Invité jeudi à commenter cet échange, le porte-parole Dmitri Peskov a affirmé aux journalistes "être au courant" mais a ajouté que "le texte intégral (de la discussion) n’a pas été publié". Mercredi, le président Vladimir Poutine a annoncé une "mobilisation partielle" ne devant concerner que quelque 300.000 réservistes ayant une "expérience militaire". Certains Russes redouteraient cependant une mobilisation plus massive.

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