Guerre en Ukraine: pour échapper à la mobilisation, les Russes se ruent sur les billets d’avion

Suite à l’annonce par Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle pour renforcer ses troupes, des milliers de Russes semblent vouloir éviter d’aller combattre en Ukraine.

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Sur Twitter, la spécialiste de la Russie Anna Colin Lebedev raconte une scène vécue mercredi, dans les rues de Paris. Une jeune fille est au téléphone, et crie en russe : "maman, trouvez quelque chose, cassez-lui une jambe ou un bras, ça lui donnera trois mois de délai. Louez-lui un petit appartement pour qu’il s’y planque. Et moi, je trouverai ensuite un moyen…".

Depuis 36 heures, et l’annonce par Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle (300.000 hommes, selon le Kremlin) pour participer à l’effort de guerre en Ukraine, des milliers de réservistes russes semblent vouloir éviter l’enrôlement. Et pour cela, le plus facile est encore de quitter le pays.

"Ne pas partir en vacances en Turquie"

Comme le relaye Belga, dès l’annonce de la mobilisation militaire, tous les vols à destination de l’étranger ont été pris d’assaut. Selon l’outil statistique Google Trends, qui permet de connaître la fréquence à laquelle un mot a été tapé sur Google, les recherches en Russie avec les termes "billets" et "avion" ont plus que doublé depuis 6h00 GMT mercredi, soit au début de l’allocution télévisée du président. Et la requête "quitter la Russie", était, elle, réalisée 100 fois plus dans la matinée qu’en temps normal. Surtout dans la région de Belgorod, frontalière du nord-est de l’Ukraine et touchée à plusieurs reprises depuis fin février par des frappes ukrainiennes.

Les billets pour des vols directs vers des pays proches– l’Arménie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan ou encore le Kazakhstan – étaient tous épuisés pour la journée de mercredi, selon le site Aviasales, très populaire en Russie pour acheter ses billets. En direction d’Istanbul avec Turkish Airlines, devenue depuis les sanctions occidentales et la fermeture de l’espace aérien européen l’une des principales voies de sortie du pays en avion, tous les vols sont complets jusqu’à samedi.

La communauté russe d’Istanbul s’attend à de nouvelles arrivées, avec l’annonce de la mobilisation, explique FranceInfo. Face à ce qui ressemble à un sauve-qui-peut, le président du comité de la Défense à la Douma, le parlement russe, a mis en garde les réservistes, les enjoignant à "ne pas partir en vacances en Turquie".

Comme le note Le Monde, la difficulté pour le Kremlin est de parvenir à mobiliser sa population dans la guerre, alors que cela fait des années que le pouvoir russe cherche à la convaincre (par la force s’il le faut) de ne pas se mêler des affaires du pays. Jusqu’ici, les annonces présidentielles n’ont toutefois pas fait naître une révolte massive. Selon l’ONG spécialisée OVD-info, 1 300 personnes ont été arrêtées mercredi après avoir participé à des regroupements.

 

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