Le discours inquiétant de Poutine fait grimper les prix du pétrole et du gaz

Les conséquences des déclarations belliqueuses de Vladimir Poutine sont immédiates : les prix du gaz, du pétrole et du blé repartent à la hausse.

Poutine sur la guerre en Ukraine
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Les prix du pétrole brut augmentaient mercredi matin après le discours du président russe Vladimir Poutine déclarant une mobilisation partielle. Il en allait de même pour le gaz et le blé. Tant le pétrole de la variété Brent de la mer du Nord – qui a une influence directe sur le prix à la pompe en Belgique – que le pétrole américain devenaient ainsi 2% plus chers, pour arriver à des prix au baril respectifs de plus de 92 et de plus de 85 dollars.

Une nouvelle escalade du conflit pourrait mettre en péril l’approvisionnement en pétrole et encore réduire davantage l’offre de gaz russe, notamment via le gazoduc traversant l’Ukraine, redoutent les négociants. Moscou a déjà complètement fermé l’important gazoduc Nord Stream 1 vers l’Allemagne en réponse aux sanctions occidentales prises contre le pays en raison de son invasion de l’Ukraine.

Sur le principal marché à terme néerlandais, le gaz naturel voyait son prix croître de plus de 9%, pour atteindre 212 euros par mégawattheure. Mardi, le prix du gaz était déjà en hausse de près de 7%. En début de semaine, pourtant, il était tombé à son plus bas niveau depuis près de deux mois, grâce aux mesures prises par un nombre croissant de pays européens pour aider les entreprises et les ménages dont la facture énergétique est élevée.

Winter is coming

La crise énergétique a déjà poussé l’économie européenne au bord de la récession. Les pays prennent des mesures historiques pour s’assurer qu’il y aura suffisamment d’énergie pendant la saison d’hiver, qui commence le mois prochain.

Un point positif pour l’Europe est que les réserves de gaz sont maintenant remplies à 86%. Cela offre un certain soutien si les approvisionnements en gaz russe diminuent encore. Les fortes importations de gaz naturel liquéfié (GNL) contribuent également à remplir les stocks de gaz, ce qui a entraîné une baisse des prix du gaz par rapport au pic atteint en août. Toutefois, un hiver exceptionnellement froid pourrait rapidement épuiser les réserves. La reconstitution des stocks pourrait également devenir encore plus difficile l’année prochaine, car l’Europe pourrait cesser complètement de s’approvisionner en gaz auprès de la Russie.

Une aggravation du conflit pourrait aussi compliquer encore un peu plus l’exportation de céréales ukrainiennes, qui sont actuellement acheminées vers le marché mondial par un couloir humanitaire traversant la mer Noire. Cela est possible grâce à un accord entre la Russie, l’Ukraine, la Turquie et les Nations unies. Une escalade du conflit menace de mettre en péril cet accord.

Le prix du blé partait dès lors lui aussi à la hausse mercredi matin après les déclarations du président Poutine. Il a atteint 9,08 dollars le boisseau sur le marché à terme de Chicago, soit le niveau le plus élevé depuis juillet. Le blé est également devenu nettement plus cher ces derniers jours.

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