Funérailles de la reine Elizabeth II: retour en images sur une journée historique

Après une dizaine de jours de deuil national, l’Angleterre a dit adieu à la reine une dernière fois ce lundi 19 septembre 2022, lors de funérailles grandioses.

Après des funérailles grandioses à Londres, le cercueil d’Elizabeth II a entamé lundi son voyage vers sa dernière demeure à Windsor. Vers 20 h 30, heure belge, un service funéraire privé aura ensuite lieu en présence de la famille royale uniquement. La reine sera inhumée aux côtés de son époux, le prince Philip, au Mémorial du roi George VI.

Plus tôt, dans la solennité de l’Abbaye de Westminster, là où elle s’était mariée en 1947 et avait été couronnée à seulement 27 ans, en 1953, le monde a fait ses adieux émus à Elizabeth II.

A 9H42 GMT (11H42 HB) avec une ponctualité toute britannique, le cercueil, porté par huit soldats des Grenadiers Guards, quittait Westminster Hall, où pendant cinq jours des dizaines voire des centaines de milliers de Britanniques, se sont recueillis pour rendre hommage à leur souveraine adorée.

A une extrémité de la plus ancienne salle du Parlement britannique, le cercueil recouvert de l’étendard royal et orné de la couronne impériale, de l’orbe et du sceptre royal, passe sous un vitrail érigé à l’occasion du Jubilé de Platine de la reine, qui a marqué en juin dernier ses 70 ans de règne. Puis, devant une fontaine érigée en 1977 pour son jubilé d’argent. Autant de symboles d’un règne à la longévité exceptionnelle.

Affluence de dignitaires

Devant le monde entier, les tout jeunes arrières-petits enfants de la reine, le prince George, 9 ans, et la princesse Charlotte, 7 ans, enfants du prince William et de Kate, ont accompagné leurs aînés dans leur triste devoir. Les derniers échos de la cloche la plus grave de l’abbaye se sont évanouis, après avoir sonné 96 fois, une par minute, pour marquer les 96 ans de vie de la monarque.

Parmi les invités vêtus de noir, le gratin des dirigeants mondiaux s’était déplacé, des présidents américain Joe Biden et français Emmanuel Macron à l’empereur du Japon Naruhito, pour ces premières funérailles d’Etat depuis celles de Winston Churchill en 1965. Les têtes couronnées européennes dont le roi Philippe de Belgique et son épouse, le roi d’Espagne Felipe VI et le prince Albert de Monaco avaient aussi pris place sous les arches gothiques de l’abbaye si liée au destin d’Elizabeth II.

Jamais depuis des années Londres n’avait connu une telle affluence de dignitaires, et la police de la capitale n’a jamais connu un tel défi sécuritaire.

"Nous nous reverrons"

Chants et prières se sont succédés et, dans un équilibre subtil marquant à la fois le pouvoir politique et religieux de la souveraine, la secrétaire générale du Commonwealth Patricia Scotland et la Première ministre Liz Truss, nommée par Elizabeth II à peine deux jours avant son décès, ont lu des passages de la bible. "Notre défunte majesté avait déclaré lors de son 21e anniversaire que sa vie entière serait dévouée à servir la Nation et le Commonwealth. Rarement une telle promesse a été aussi bien tenue", a salué l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, chef spirituel de l’église anglicane, dans son sermon.

Saluant la "joie" et "sa présence" dans le coeur et la vie de tant de gens, il a conclu par un "Nous nous reverrons", reprenant les paroles d’une célèbre chanson de Vera Lynn datant de la Seconde guerre mondiale, prononcées par la reine pour réconforter ses sujets confinés pendant la pandémie de Covid-19. La cérémonie, d’environ une heure, fut parsemée d’hommages aux moments majeurs de la vie de la reine, comme quand retentit l’hymne "The Lord is my shepherd", chanté lors du mariage d’Elizabeth II et du prince Philip en 1947, ou quand le choeur reprend "O taste and see how gracious the Lord is", composé pour son couronnement.

Deux minutes d’un silence poignant, repris dans l’ensemble du Royaume-Uni, puis l’hymne national "God Save the King", désormais dans sa version masculine, retentit, marquant la transition du règne d’Elizabeth II vers celui de Charles III.

Dernière demeure à Windsor

Des milliers de personnes étaient ensuite massées sur le parcours, communiant dans l’émotion de ce dernier voyage. Arrivé à l’Arc de Wellington, tout près de Buckingham Palace, au terme d’obsèques magistrales en présence des dirigeants de la planète à l’abbaye de Westminster et d’une fastueuse procession, le cercueil surmonté de l’étincelante couronne impériale a été placé à bord du corbillard royal, sous les yeux figés de la famille royale toute de noir vêtue – dont les petits George, 9 ans, et sa soeur Charlotte, 7 ans.

Le nouveau roi Charles III, 73 ans, lui a adressé un salut, l’hymne national résonne, puis le véhicule s’est ébranlé lentement, sous escorte policière, sur les routes anglaises le menant à Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale.

 

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