Prisonniers, malades mentaux, sans-abris… La folle campagne de recrutement de l’armée russe

L'armée russe recrute, et elle recrute large ! Les besoins sont énormes. Alors les prisonniers, les sans-abris et même les malades mentaux sont les bienvenus.

Armée russe
©Belgaimage

À 7.000 kilomètres du front, en visite dans la péninsule de Kamtchatka, dans l’Extrême-Orient russe, Vladimir Poutine a lancé  ce lundi une campagne de recrutement particulièrement offensive. Embourbé dans une guerre lancée il y a plus de six mois, le Président russe tente de débaucher des volontaires aux quatre coins du pays. Les volontaires " se battent mieux que les soldats professionnels ", a-t-il lancé.

Pour pousser aux candidatures, il a exigé que l’emploi des hommes acceptant d’entrer dans l’armée leur soit garanti. Et la volonté de renflouer sur le terrain les unités de combat brave toutes les limites de la morale. Le 16 août, il remettait une médaille honorifique à Ivan Neparatov après avoir été tué sur le front du Donbass, relève Le Monde. Mais Ivan Neparatov est loin d’être anonyme. Condamné à 25 ans de prison pour avoir ôté la vie à plusieurs reprises, cet assassin est aujourd’hui salué "pour son courage".

Des campagnes dans les prisons

Et cet épisode ne serait pas anecdotique. Les prisons russes constitueraient un réservoir particulièrement juteux pour les bataillons russes. De nombreuses sources viennent appuyer cette manière de fonctionner. Des témoignages de détenus ayant participé à ce type de manoeuvre percolent. L’un d’eux affirme que les salaires proposés s’élèveraient entre 100.000 roubles (1.600 euros) et 300.000 roubles (5.000 euros) par mois. " Le service dure six mois, puis tu es libéré avec un casier vierge. Si tu es tué, ta famille reçoit 5 millions de roubles ", confie un prisonnier au site 161.ru. Ce sont plusieurs centaines de recrues qui auraient ainsi rejoint les rangs de l’armée russe.

Mais accepter n’est évidemment pas sans risque. Ces volontaires forment les lignes d’assaut dans le Donbass. De la chair à canon à petit prix !

Un besoin immense 

Le recrutement dans les prisons ne suffit pas à remplir les garnisons. Le média d’opposition The Insider confie que l’entreprise d’état s’occupant du transport ferroviaire aurait reçu l’ordre de mobiliser 10.000 travailleurs pour les faire entrer dans l’armée, rapporte encore Le Monde.

Les hôpitaux psychiatriques font également la cible de ces campagnes de débauchage. Deux infrastructures de ce type ont publié des annonces pour appâter ces patients, assure le journaliste d’investigation Andreï Zakharov. Les sans-abris sont eux aussi sollicités.

Le quotidien français décrypte cette politique par un besoin urgent de soldats sur les 2.000 kilomètres de front. L’assaut du 24 février dernier aurait mobilisé entre 150.000 et 200.000 militaires russes. Aujourd’hui, les pertes humaines seraient comprises entre 25.000 et 80.000 soldats russes, selon le Pentagone.

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