Arrêt du gazoduc Nord Stream 1: l’État rassure sur l’approvisionnement belge

La Belgique et d'autres pays européens se veulent rassurants sur les stocks de gaz pour faire face à l'arrêt de Nord Stream 1 que l'UE dénonce.

Tinne Van der Straeten à Bruxelles
La ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten, le 31 août 2022 à Bruxelles ©BelgaImage

L’échec du redémarrage du gazoduc Nord Stream 1 – le principal gazoduc d’approvisionnement en gaz russe pour l’Europe – n’aura pas d’impact sur l’approvisionnement de la Belgique, assure-t-on au cabinet de la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten (Groen).

La Belgique remplit ses stocks

Le groupe russe Gazprom a annoncé vendredi soir que Nord Stream 1 ne redémarrera pas samedi après la fin des travaux de maintenance. Selon l’entreprise, une fuite d’huile a été découverte. La situation est suivie de près, a indiqué le cabinet de la ministre Van der Straeten. Il n’y a pas d’impact sur l’approvisionnement belge en gaz. "Le stock de gaz à Loenhout sera constitué à 90% d’ici quelques jours, en avance sur le calendrier. La Belgique continue à faire transiter un maximum de gaz vers l’Allemagne et les Pays-Bas en particulier".

Chez Fluxys également, on affirme qu’il n’y a pas d’impact direct. La Belgique n’a plus importé de gaz naturel depuis l’Allemagne depuis des mois. La Norvège est notre principal fournisseur de gaz naturel. Un gazoduc sous-marin – Zeepipe – relie Zeebrugge aux champs gaziers norvégiens. La Belgique importe également du GNL via les ports de Zeebrugge et Dunkerque. Les négociants en gaz s’attendent à ce que l’arrêt prolongé de Nord Stream I entraîne une nouvelle hausse des prix lundi, sans toutefois atteindre de nouveaux records.

En Allemagne et en France, les autorités également rassurantes

En Allemagne, gros importateur de gaz russe, les autorités ont indiqué vendredi que les approvisionnements en gaz étaient assurés malgré la décision du géant russe Gazprom de prolonger l’arrêt du gazoduc Nord Stream, qui a ajouté aux craintes de pénurie cet hiver. "La situation sur le marché du gaz est tendue, mais la sécurité de l’approvisionnement est garantie", a affirmé une porte-parole du ministère allemand de l’Économie dans un communiqué. Sans commenter l’annonce de Gazprom, la porte-parole a déclaré que l’Allemagne avait "déjà vu le manque de fiabilité de la Russie au cours des dernières semaines".

La France dépendait de son côté à hauteur de 17% de la Russie (avant la guerre d’Ukraine) pour ses importations de gaz naturel, selon le ministère de la Transition écologique. Selon la ministre Agnès Pannier-Runacher, les stocks français de gaz sont aujourd’hui "remplis à 92%", un objectif que l’Hexagone a pu atteindre "avec deux mois d’avance". "L’objectif est de réduire de 10% notre consommation d’énergie" pour enlever une partie de la pression, ajoute-elle tout en appelant à la "mobilisation générale" pour atteindre ce but.

L’UE et Siemens Energy sceptiques sur les justifications russes

Gazprom a annoncé vendredi soir que le gazoduc Nord Stream, qui devait reprendre du service samedi après une maintenance, serait finalement "complètement" arrêté jusqu’à la réparation d’une turbine de ce pipeline vital pour l’approvisionnement des Européens. Dans un communiqué, Gazprom a indiqué avoir découvert des "fuites d’huile" dans la turbine lors de cette opération de maintenance. "Jusqu’à la réparation (…) le transport du gaz via Nord Stream est complètement suspendu", a indiqué le groupe. Gazprom n’a pas précisé combien de temps pouvait durer cette réparation.

Ce rebondissement risque d’accentuer les inquiétudes des pays européens, qui se démènent pour éviter une crise énergétique l’hiver prochain et accusent Moscou d’utiliser le gaz comme une arme pour se venger des sanctions occidentales après l’offensive russe en Ukraine. "L’annonce de Gazprom vendredi après-midi qu’elle met à nouveau à l’arrêt Nord Stream 1 sous de faux prétextes est une nouvelle confirmation qu’elle n’est pas digne de confiance en tant que fournisseur", a affirmé sur Twitter un porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer. "C’est aussi un signe du cynisme de la Russie, qui préfère brûler du gaz plutôt qu’honorer ses contrats". Selon Siemens Energy, qui produit et assure la maintenance des turbines du Nord Stream 1, il n’y a aucune raison technique pour maintenir le gazoduc Nord Stream 1 fermé. Normalement, une telle fuite n’a aucune incidence sur le fonctionnement de la turbine, et la fuite peut être colmatée sur place, affirme l’entreprise. Siemens parle d’une procédure de routine. Dans le passé, la survenance d’une fuite n’a pas conduit à l’arrêt des activités, a déclaré Siemens.

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