Quand les porcs rendent la vue aux aveugles : une découverte majeure !

On n'arrête pas le progrès. Et cette fois, la découverte doit servir à rendre la vue aux aveugles d'un certain type. Les premiers résultats sont encourageants.

Des porcs pour la science
©Belgaimage

Le miracle de Bethsaïde n’était pour l’heure qu’un récit. Celui d’un aveugle retrouvant la vue après avoir reçu par deux fois l’apposition des mains du fils de Dieu. Depuis cet épisode, les défaillances visuelles restaient la panacée de ceux qui en souffraient.

Mais aujourd’hui, la science pourrait bien systématiser l’oeuvre du Messie. Des chercheurs de l’Université de Linköping en Suède viennent de rendre public les résultats d’une étude menée sur des patients souffrant de kératocône, une maladie de la cornée. Cette maladie dégénérative diminue les facultés visuelles jusqu’à la cécité parfois totale.

Jusqu’ici des greffes humaines

Le seul moyen pour soigner cette altération de la vue consistait jusqu’à présent à recevoir une cornée greffée d’un donneur humain. Près de 13 millions de patients sont en attente d’une telle greffe, relevait une étude française publiée en 2016. Seul un patient sur 70 pouvait bénéficier de cette intervention.

Désormais, il ne faudra plus attendre le malheur des uns pour espérer retrouver la vue. Les chercheurs ont mis au point une méthode permettant de créer artificiellement une cornée composée de collagène d’origine animale. L’expérience s’est étendue sur 20 participants originaires d’Iran et d’Inde. 14 d’entre eux souffraient déjà d’une cécité totale. L’intervention non-invasive a permis la greffe de molécules de collagène dérivées de peau de porc injectées dans la cornée.

Des résultats incroyables

Les résultats sont édifiants. Tous les participants ont vu leurs facultés visuelles être améliorées. Trois d’entre eux ont même retrouvé une vision parfaite !

" Les résultats montrent qu’il est possible de développer un biomatériau répondant à tous les critères pour être utilisé comme implant humain, qui peut être produit en masse et stocké jusqu’à deux ans et ainsi toucher encore plus de personnes ayant des problèmes de vision ", a précisé Neil Lagali, professeur au Département des sciences biomédicales et cliniques de LiU, l’un des chercheurs à l’origine de l’étude.

Cette découverte pourrait bien endiguer la pénurie de cornées humaines. Les industriels ont d’ores et déjà senti le potentiel de cette découverte. " Nous avons fait des efforts considérables pour nous assurer que notre invention serait largement disponible et abordable pour tous et pas seulement pour les riches. C’est pourquoi cette technologie pourrait être utilisée partout dans le monde", assure Mehrdad Rafat, professeur agrégé au département de génie biomédical de LiU et fondateur et PDG de la société LinkoCare Life Sciences AB qui fabrique les cornées issues de la bio-ingénierie utilisées dans l’étude.

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