France: trois épaves du XVIIe siècle authentifiées au large de la Normandie

Trois épaves d'une flotte du roi Louis XIV, anéantie lors d'une bataille face à une alliance anglo-hollandaise, ont été authentifiées au large de Saint-Vaast-la-Hougue, sur la côte nord-ouest de la France, a annoncé vendredi le ministère français de la Culture.

France: trois épaves du XVIIe siècle authentifiées au large de la Normandie
Belga

" On a aujourd’hui la certitude que ce sont des épaves liées à la bataille de la Hougue ", qui opposa le 29 mai 1692 la flotte de Louis XIV à la flotte anglo-hollandaise, explique Cécile Sauvage, archéologue au département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm).

En 1990, ces trois " possibles épaves " avaient été déclarées à l’Etat français par un plongeur, Christian Cardin, dans un cadre non professionnel. " A l’époque, Christian Cardin les avaient localisées avec un magnétomètre. Il avait ensuite envoyé des plongeurs qui ont trouvé du bois. Mais les épaves n’avaient pas été expertisées ", précise Mme Sauvage.

Jusqu’alors, seules cinq des 12 épaves de cette bataille avaient été identifiées. Elles avaient aussi été localisées par Christian Cardin, en 1985, puis expertisées entre 1990 et 1995. Les trois épaves expertisées cette fois par la Drassm en sont à une étape intermédiaire.

Financer les recherches

" Il y a une épave qui est assez érodée: les structures en bois sont assez abimées et on ne poussera pas forcément son étude plus loin. Les deux autres sont enfouies sous un mètre de vase et donc bien préservées. Là, on a fait des sondages mais réduit. Accéder à la totalité de l’épave demanderait des gros moyens. Ce n’est pas encore acté ", précise Mme Sauvage. " Ce serait vraiment pertinent d’aller plus loin pour comprendre comment la construction des vaisseaux s’est mise en place sous Louis XIV ", ajoute la scientifique.

Avec l’expertise des cinq premières épaves découvertes par exemple, les scientifiques " s’étaient rendu compte qu’il pouvait y avoir une grosse différence entre ce que disent les archives, le traité de construction navale (de 1669, Ndlr), et les pratiques ", a poursuivi Mme Sauvage.  On peut aussi trouver des objets personnels qui parlent de la vie à bord à l’époque, selon la scientifique. La chercheuse espère trouver des partenaires pour financer la suite des recherches.

Sur le même sujet
Plus d'actualité