Jonathan Destin, figure de la lutte contre le harcèlement scolaire, est décédé

Son histoire avait ému la France: après avoir survécu à une tentative de suicide, Jonathan Destin avait décidé de se battre pour sensibiliser au harcèlement scolaire. Il avait 27 ans.

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Jonathan Destin, en 2013 @BELGAIMAGE

En février 2011, alors qu’il n’a que 16 ans et après six années de harcèlement à l’école, Jonathan Destin tente de s’immoler par le feu avant de se jeter dans la Deûle. Le jeune homme survit, mais son corps est brûlé à 72 %. Plongé dans un coma artificiel pendant plus de deux mois, il passe trois ans à l’hôpital et est opéré une vingtaine de fois.

Après ce calvaire, Jonathan Destin écrit un livre, Condamné à me tuer, paru en 2013 puis adapté par TF1 en 2018 dans un téléfilm (Le Jour où j’ai brûlé mon cœur). Devenu un symbole de la lutte contre le harcèlement scolaire, le jeune homme originaire de Marquette-lez-Lille multiplie ensuite les interventions dans les écoles pour sensibiliser à la problématique.

"A tous ceux qui ont connu Jonathan, par son histoire, son livre, son film, dans les écoles, qui l’ont un jour croisé, lui ont parlé, vous qui nous suivez depuis tant d’années, j’ai malheureusement une triste nouvelle à vous annoncer : Jonathan est décédé samedi chez moi dans son sommeil. C’est le cœur déchiré que je vous annonce cela", a écrit mardi sur Facebook Marie-Pierre, la mère de Jonathan, dans un message relayé par La Voix du Nord.

"Libérer la parole, la première chose à faire"

En octobre 2019, à l’occasion d’une grande campagne contre le harcèlement scolaire qu’il parrainait aux côtés de Nicola Sirkis (leader d’Indochine) et de La Voix du Nord, le jeune homme avait indiqué que "libérer la parole, c’est la première chose à faire. C’est le geste qui sauve. Ensuite, dire ce que risquent les harceleurs au niveau pénal, c’est très bien aussi car souvent les enfants pensent que c’est juste un jeu. J’ai envie que les choses bougent. Le harcèlement, pour l’arrêter, il faut en parler".

Dans la même interview, Jonathan Destin disait avoir "encore des choses à faire sur cette Terre, et notamment défendre cette cause". "Jonathan toujours éternellement à tes côtés", a salué sur Twitter Nicola Sirkis.

"Jonathan Destin eut le courage de mettre des mots là où la violence et la haine du harcèlement scolaire veulent imposer le silence. Je m’engage à prolonger sa parole et son engagement à l’école", a également réagi le ministre français de l’éducation, Pap Ndiaye. Les raisons de la mort du jeune homme sont pour l’instant inconnues. La Voix du Nord précise qu’une autopsie doit avoir lieu et que la police a ouvert une enquête.

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