"Solidarité avec Sanna": en Finlande, des femmes dansent en soutien à la Première ministre

La Première ministre finlandaise Sanna Marin fait l’objet d’une polémique après la fuite de vidéos festives. Elle a depuis reçu l’appui de nombreuses internautes qui se sont filmées, elles-aussi en train de s’amuser.

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Sanna Marin, le 18 août @BELGAIMAGE

Le droit de prendre du bon temps. En Finlande, des centaines de femmes ont publié sur les réseaux sociaux des vidéos d’elles-mêmes, en train de danser, de faire la fête ou de s’amuser. Leur objectif : soutenir leur Première ministre Sanna Marin, au cœur d’un scandale médiatique depuis vendredi, et la diffusion d’une vidéo montrant la cheffe du gouvernement dansant et chantant à tue-tête pendant une soirée privée, début août.

Sanna Marin a été notamment critiquée pour sa manière de danser -jugée inappropriée pour une Première ministre- et parce que de la drogue aurait potentiellement été consommée lors de la soirée. D’autres Finlandais se sont demandés si, vu le lâcher-prise de la cheffe de gouvernement, elle aurait été en mesure de prendre des décisions adéquates en cas de problème majeur.

Sanna Marin a assuré que son service de sécurité était présent à proximité des lieux et qu’il aurait pu la prévenir en cas de crise. Pour calmer ses détracteurs, Sanna Marin s’est également soumise à un dépistage antidrogue, assurant toutefois n’avoir "jamais de [s]a vie" consommé de stupéfiants. Lundi soir, l’entourage de la Première ministre faisait savoir que le résultat du test était négatif.

Soutien massif

En réaction à cette polémique vaseuse, des Finlandaises et des Danoises ont relayé massivement le hashtag "Solidarity with Sanna", accompagné de vidéos festives. Il semble que le magazine féminin danois Alt for Damerne ait contribué à l’essor du mouvement, en réalisant un montage de plusieurs vidéos montrant des femmes en train de s’amuser.

"J’espère qu’en 2022, il serait acceptable pour les représentants du gouvernement de danser, de chanter et d’aller à des fêtes", a appuyé la présidente du Parti social-démocrate, de centre gauche, en soutien à Sanna Marin.

Une communication qui tranche

Plus jeune cheffe de gouvernement en exercice au monde lors de son accession au pouvoir en 2019, Sanna Marin (36 ans) n’arbore pas le style attendu pour une personnalité politique, rappelait à la RTBF Nicolas Baygert, professeur de communication politique à l’ULB et l’IHECS. "On le voit en Finlande, on le voit dans d’autres pays scandinaves et on le voit également chez nous. Il y a un style communicationnel qui tranche, qui change et qui, évidemment, ne reprend pas exactement les mêmes codes des chefs d’État dont on a l’habitude", recontextualisait-il.

Mais au-delà d’un style qui ne peut pas plaire à tout le monde, ne faut-il pas aussi voir derrière l’ampleur de ce scandale (les images de Sanna Marin ont fait le tour du monde) le signe du sexisme chez une certaine frange de la population et du personnel politique ? Y-aurait-il eu polémique, ou polémique de cette intensité si Sanna Marin avait été un homme ? Pour Nicolas Baygert, le genre de la personnalité politique a pu en effet jouer. "Ici, très clairement, la volonté de créer ce sentiment d’indignation, c’est finalement de dire que c’est un procès en incompétence, c’est de dire que Sanna Marin n’est pas totalement au niveau. Et c’est quelque chose qui touche plusieurs femmes politiques, on a vu d’autres femmes en pâtir", ajoutait-il.

En octobre 2020, Sanna Marin avait déjà subi des critiques pour avoir organisé des soirées à sa résidence officielle, ou pour avoir porté un décolleté en posant pour le magazine de mode Trendi. À l’époque, de nombreuses Finlandaises avaient imité sa pose et sa tenue sur les réseaux sociaux, en guise de soutien.

 

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