"Nous, les Russes, ne pensons pas que ce que nous faisons est juste"

Après avoir publié un texte où il fait part de son expérience au front, un soldat russe se confie dans un entretien publié par The Guardian.

© Daniel Ceng Shou-Yi/ZUMA Press Wire)

A 34 ans, Pavel Filatyev est revenu du front. Il a publié son journal sur le réseau social russe Vkontakte avant de quitter le pays. Et il n’a pas l’intention d’y retourner. Pas tant que la guerre dure. Voici ce qu’il écrit : " Nous, les Russes, ne pensons pas que ce que nous faisons est juste. Pourquoi diable avons-nous besoin de cette guerre ? "

Ancien parachutiste, il est aujourd’hui considéré comme un traitre à la patrie. Dans son texte, il raconte la prise de Kherson, sa blessure et son évacuation. " Je n’ai pas peur de participer à une guerre, mais nous, les Russes, ne sommes pas convaincus que ce que nous faisons est juste ", dit-il dans un entretien au Guardian. Il s’est fait une promesse : " Si je survis à cette guerre, je ferai tout ce que je peux pour l’arrêter ".

Manque d’équipement et d’objectifs concrets

Des extraits de son journal ont été publié dans la presse indépendant russe – ou du moins, ce qu’il en reste. Il a donné des interviews pour des chaînes en russe, il essaie de se faire entendre par ses compatriotes, mais ce n’est pas simple. C’est sa mère qui l’a poussé à quitter le pays.

Selon son journal, la plupart des soldats russes sont mécontents de ce qui se passe en Ukraine. Ils sont sous-équipés, épuisés et en manque d’objectifs concrets. En somme, ils ne savent pas vraiment ce qu’ils sont venus faire en Ukraine. Il estime que 20% de son unité le soutiennent, même s’il n’a plus de contact avec elle. " Je suis simplement terrifié de ce qui va se passer ensuite ", dit-il au Guardian.

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