Salman Rushdie poignardé: ce que l’on sait sur Hadi Matar, le suspect de 24 ans

L'écrivain Salman Rushdie a été poignardé ce vendredi dans l'Etat de New-York, aux Etats-Unis. Un homme de 24 ans a été arrêté et placé en garde à vue. On en sait un peu plus l'agresseur présumé.

Salman Rushdie poignardé: ce que l’on sait sur Hadi Matar, le suspect de 24 ans
© Belga Image

L’écrivain britannique Salman Rushdie a été poignardé ce vendredi, dans le cou et à l’abdomen, alors qu’il s’apprêtait à donner conférence dans l’Etat de New York. Un suspect a été arrêté et placé en garde à vue. Il s’agit d’Hadi Matar, un homme de 24 ans qui serait originaire de Fairview dans l’Etat voisin du New Jersey.

Dans une conférence de presse, le major de la police de l’Etat de New York, Eugene Staniszewski, a annoncé qu’il était "encore trop tôt pour indiquer les motivations de cet acte (…) mais la cause de cet attentat sera déterminée plus tard". Et d’ajouter: "nous allons collaborer avec le FBI pour comprendre le motif de cette attaque". Salman Rushdie était, depuis plus de 30 ans, la cible d’une fatwa émise par l’Iran après la publication en septembre 1988 des "Versets sataniques".

Selon des sources policières rapportées par le New York Post, l’individu arrêté serait d’origine libanaise et aurait des sympathies pour le régime iranien et plus largement, l’extrémisme chiite. Sur ses réseaux sociaux, le suspect avait publié "des messages de soutien à l’Iran et aux Gardiens de la révolution", rapporte le quotidien américain. Selon l’islamologue français Romain Caillet, il mettait notamment en avant "les figures du régime iranien, ainsi que son fondateur l’ayatollah Khomeyni, auteur de la fatwa contre Salman Rushdie". Son profil Facebook a été suspendu par la plateforme. La police estime à ce stade que l’homme aurait agi seul.

 

Selon les informations des médias américains, le suspect avait une carte d’accès aux lieux de la conférence "comme n’importe quel autre participant" et un faux permis de conduire, au nom d’un chef du Hezbollah, Imad Mughniyah. Des témoins ont expliqué au New York Times que l’assaillant a été maîtrisé par des personnes du public, avant l’intervention de la police.

Les charges exactes retenues contre Hadi Matar dépendront de l’évolution de l’état de santé de Salman Rushdie. Vendredi soir, son agent avait indiqué que les nouvelles "n’étaient pas bonnes". L’auteur de 75 ans a été placé sous respirateur artificiel et "va probablement perdre un oeil".

Félicité par la presse conservatrice iranienne

Le principal quotidien ultraconservateur iranien, Kayhan, a félicité samedi l’assaillant. "Bravo à cet homme courageux et conscient de son devoir qui a attaqué l’apostat et le vicieux Salman Rushdie", écrit le journal, dont le patron est nommé par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. "Baisons la main de celui qui a déchiré le cou de l’ennemi de Dieu avec un couteau", poursuit le texte. Le pouvoir iranien n’a pour le moment pas commenté officiellement la tentative d’assassinat sur l’intellectuel de 75 ans. Suivant la ligne officielle, l’ensemble des médias iraniens ont qualifié M. Rushdie d’"apostat", à l’exception d’Etemad, journal réformateur. Le quotidien Iran, journal étatique, a estimé que "le cou du diable" avait été "frappé par un rasoir".

"Je ne verserai pas de larmes pour un écrivain qui dénonce avec une haine et un mépris infinis les musulmans et l’islam", a écrit dans un tweet Mohammad Marandi, conseiller de l’équipe de négociateurs sur le dossier nucléaire. "Rushdie est un pion d’empire qui se pose en romancier postcolonial", a-t-il ajouté. "N’est-il pas étrange que, alors que nous approchons d’un potentiel accord sur le nucléaire, les États-Unis prétendent qu’une attaque sur Bolton (ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche) était prévue… et que cela se produise ensuite", s’interroge-t-il.

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