Taïwan: retour sur l’escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis

La Chine n’a pas apprécié la visite de courtoisie des États-Unis à Taïwan, vue comme un soutien à son indépendance. Depuis, c’est l’escalade.

Taiwan
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Etats-Unis

Nancy Pelosi
La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait prévu plusieurs visites diplomatiques en Asie début août, mais son planning était un peu flou. Et pour cause: ce 2 août, elle s’est rendue à Taipei, capitale de Taïwan. Cela faisait 25 ans qu’un responsable américain de son ampleur n’avait pas posé le pied sur l’île.

Geste fort
Sur place, l’élue démocrate a tenu un discours sans équivoque sur les relations américano-taïwanaises: “La solidarité de l’Amérique avec les 23 millions d’habitants de Taïwan est plus importante aujourd’hui que jamais, alors que le monde est confronté à un choix entre l’autocratie et la démocratie”.

Rupture
Ce déplacement et ces propos jurent avec la position historiquement ambiguë des États-Unis: ils reconnaissaient le gouvernement chinois et pas celui de Taïwan, tout en maintenant des relations culturelles et commerciales avec elle. Une attitude ébranlée par Trump, qui avait de meilleurs liens avec Taïwan qu’avec la Chine.

Inquiétude
La réaction chinoise génère pas mal d’inquiétudes à travers le monde, surtout au Japon qui craint d’être entraîné dans une guerre. Biden, qui avait émis des réserves sur cette visite de Pelosi, a assuré que les USA défendraient Taïwan en cas d’attaque, mais n’avaient pas changé de position quant à son indépendance.

Chine

Provocation
À Pékin, on avait bien senti qu’Air Force One pourrait se poser à Taïwan. Le gouvernement avait déjà prévenu qu’une visite aussi symbolique leur déplairait et aurait des conséquences. Les relations sino-taïwanaises sont considérées comme un problème interne et cette démarche américaine est perçue comme de l’ingérence et de la provocation.

Réaction
Jeudi 4 août, une fois Pelosi partie, la Chine a lancé les manœuvres militaires les plus importantes de l’histoire des relations avec Taïwan. Les spécialistes parlent d’une simulation de blocus et d’invasion. Dimanche, la Défense taïwanaise avait recensé 66 avions et 14 bateaux entre les deux “États”. La crainte d’escalade est bien là.

Rattachement
Pour la République populaire de Chine, Taïwan est une de ses nombreuses provinces qu’elle compte réunifier dans les prochaines années. Mais l’île a aujourd’hui sa propre constitution, son gouvernement, ses élections et depuis 2016, une présidente ouvertement indépendantiste, Tsai Ing-wen.

Audace
Lundi, l’opération militaire était toujours en cours malgré l’annonce d’un arrêt pour dimanche. Pékin a même été jusqu’à publier une photo prise à quelques centaines de mètres de la côte taïwanaise. L’armée taïwanaise a elle prévu de lancer ses propres manœuvres.

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