L’Espagne s’attaque au diktat du "Summer body" mais crée un bad buzz

Le gouvernement de Pedro Sánchez a lancé une campagne «body positive». Le but ? Encourager toutes les femmes, peu importe leur morphologie, à aller sans complexe à la plage.

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© ministère de l’Égalité espagnole

À l’approche des beaux jours, les femmes sont nombreuses à se mettre la pression pour maigrir et sculpter leurs corps afin d’arborer un "summer body" raccord avec les injonctions au régime et les standards de beauté. Un "objectif bikini" auquel s’est attaqué le gouvernement espagnol. "Tous les corps sont des corps de plage", dit la campagne lancée par le ministère de l’Égalité ibérique fin juillet. Cette opération de communication, intitulée "l’été est à nous", vise à encourager toutes les femmes, quel que soit leur poids, leurs formes, leur taille, etc. à aller sans complexe à la plage.

L’image promotionnelle de la campagne met en scène plusieurs femmes de morphologies, d’âges et de couleur de peau différentes-dont une ayant subi une mastectomie. Une bonne idée sur le papier, mais dont la réalisation laisse apparemment à désirer. Trois des 5 femmes n’ont ainsi pas été consultées pour figurer sur l’image. Et leurs corps ont été modifiés, ce qui jure quelque peu avec l’objectif affiché de la campagne.

Excuses de l’artiste

La mannequin et conférencière Sian Green-Lord s’est exprimée avec colère, après avoir découvert son image auquel on avait rajouté des poils et enlevé sa prothèse de jambe (l’image originale est la cinquième photo dans la diapo ci-dessous).  "C’est une chose d’utiliser mon image sans permission, c’en est une autre de modifier mon corps… Je n’ai pas de mots, cela dépasse les limites", a déclaré Sian Green-Lord.

"Mon image est utilisée par le gouvernement espagnol dans une campagne, mais ils ne m’ont rien demandé! Excellente idée, mais mauvaise exécution", a renchéri la mannequin Nyome Nicholas-Williams sur Instagram.

Juliet FitzPatrick, une écrivaine britannique qui a subi une double mastectomie, jugeait que son visage "a peut-être été utilisé et superposé à la femme avec un seul sein", comme elle l’a déclaré dans un tweet. "Je pense que cela invalide toute la campagne", a-t-elle ajouté sur CNN. "Ils ont pris le corps de femmes et l’ont utilisé comme ils le voulaient, l’ont découpé en morceaux, comme ils le voulaient".

Arte Mapache, l’artiste ayant réalisé le montage, s’est excusé sur Twitter et a décidé de partager l’argent "reçu pour ce travail (soit 4490€ selon l’artiste, NDLR) et de donner des parts égales aux personnes figurant sur l’affiche".

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