Nancy Pelosi arrive à Taïwan, Pékin annonce des "actions militaires ciblées"

La télévision chinoise affirme que Pékin a déjà commencé des manœuvres militaires suite à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.

Nancy Pelosi à Washington
Nancy Pelosi le 29 juillet 2022 à Washington @BelgaImage

La cheffe des députés américains, Nancy Pelosi, a atterri ce mardi à Taïwan, malgré les avertissements de la Chine qui considère cette visite comme une grave provocation risquant d’enflammer des relations sino-américaines déjà tendues. La Chine, qui considère l’île comme une "province rebelle", a dénoncé depuis l’attitude "extrêmement dangereuse" des Etats-Unis et annoncé des "actions militaires ciblées" en réponse à cette visite. La chaîne télévisée chinoise CGTN a fait savoir que des "avions de chasse chinois Su-35" traversaient le détroit de Taïwan qui sépare l’île des côtes chinoises. Le ministère chinois de la Défense se dit auprès du même média en état d’alerte maximale.

La confrontation de deux camps

Des images diffusées en direct de la télévision ont montré Mme Pelosi, 82 ans, accueillie à son arrivée par Joseph Wu, le ministre taïwanais des Affaires étrangères. Elle est arrivée à l’aéroport de Songshan à bord d’un avion militaire américain. À son arrivée, Mme Pelosi a affirmé que sa visite à Taïwan montrait le "soutien inconditionnel" des États-Unis à l’île et ne "contredit" pas la politique américaine vis-à-vis de la Chine.

"Les États-Unis (…) tentent d’utiliser Taïwan pour contenir la Chine", a estimé pour sa part le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant que Washington "ne cesse de déformer, d’obscurcir et de vider de tout sens le principe d’une seule Chine, d’intensifier ses échanges officiels avec Taïwan et d’encourager les activités séparatistes ‘indépendantistes’ de Taïwan. Ces actions, comme jouer avec le feu, sont extrêmement dangereuses".

La présidente de la Chambre des représentants est la plus haute responsable américaine à visiter Taïwan depuis son prédécesseur Newt Gingrich en 1997. Peu auparavant, la Chine avait prévenu que les États-Unis porteront la "responsabilité" d’une visite à Taïwan de Mme Pelosi lors de sa tournée asiatique et qu’ils devront en "payer le prix". Pékin considère l’île comme une partie de son territoire à réunifier, par la force si nécessaire, et a plusieurs fois mis en garde Washington contre une visite de la haute responsable qui serait vécue comme une provocation majeure.

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