La Russie affirme ne plus limiter ses objectifs à l’est de l’Ukraine

Le gouvernement russe déclare envisager d'élargir ses ambitions territoriales en Ukraine, alors que Moscou grignote déjà de plus en plus de terrain.

Sergueï Lavrov à Moscou
Sergueï Lavrov à Moscou le 19 mai 2014 @BelgaImage

Le chef de la diplomatie russe a affirmé mercredi que les objectifs militaires de la Russie en Ukraine ne se limitaient plus uniquement à l’est du pays, mais concernaient également "d’autres territoires" et pourraient encore s’étendre.

"Une série d’autres territoires" en vue

Sergueï Lavrov a justifié ce changement par une "géographie différente" par rapport à la situation qui existait sur le terrain fin mars, lorsque Moscou avait dit vouloir se concentrer sur l’est, après avoir échoué à prendre Kiev, la capitale ukrainienne. "Ce ne sont plus seulement les républiques populaires de Donetsk et Lougansk (territoires séparatistes de l’est de l’Ukraine, ndlr), ce sont aussi les régions de Kherson et Zaporijjia (dans le sud, ndlr) et une série d’autres territoires, et ce processus continue, de façon constante", a-t-il déclaré dans une interview avec l’agence de presse Ria-Novosti et la chaîne RT. M. Lavrov a aussi déclaré que mener des pourparlers avec Kiev n’aurait "aucun sens dans la situation actuelle", estimant que de précédents contacts avaient "seulement révélé l’absence de volonté, chez la partie ukrainienne, de discuter sérieusement de quoi que ce soit".

Ces déclarations interviennent alors que Moscou a enregistré des gains ces dernières semaines dans l’est de l’Ukraine, en faisant notamment sauter le double verrou de Severodonetsk et Lyssytchansk, ce qui lui a dégagé la voie pour tenter d’avancer vers les villes de Kramatorsk et de Sloviansk, plus à l’ouest. De rudes combats continuent cependant de se dérouler dans cette partie et dans le sud de l’Ukraine, Kiev pouvant compter sur les récentes livraisons de pièces d’artillerie occidentales plus performantes.

M. Lavrov a d’ailleurs prévenu que si l’Occident continuait de fournir à l’Ukraine des armes capables de frapper à longue distance, comme les lance-roquettes multiples américains HIMARS, les objectifs géographiques de la Russie évolueraient encore. "Car nous ne pouvons permettre que, dans la partie d’Ukraine contrôlée par (Volodymyr) Zelensky ou son remplaçant, se trouvent des armes qui peuvent menacer directement notre territoire ou celui des républiques (séparatistes) ayant déclaré leur indépendance ou voulant choisir seules leur avenir", a-t-il déclaré. La Russie, qui contrôle également de larges pans de territoire dans le sud de l’Ukraine, a été accusée mardi par les États-Unis de "travailler à l’annexion" des zones qu’elle domine, comme elle l’a fait en 2014 avec la Crimée.

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