Bloqués des heures dans un Thalys à 45°C: pourquoi n’ont-ils pas été évacués?

La compagnie ferroviaire Thalys s'est expliquée sur l'absence d'évacuation de ses passagers restés bloqués des heures dans un train surchauffé.

Un train Thalys
Un train Thalys @BelgaImage

Imaginez-vous dans un train Thalys allant de Paris à Bruxelles. Après seulement quelques minutes, il tombe en panne. Problème: dehors, il fait 40°C et l’air conditionné lâche lui aussi. De fait, l’air dans le train monte jusqu’à 45°C et il faudra tenir jusqu’à ce que le train se débloque, c’est-à-dire presque quatre heures plus tard. Ça, c’est ce qu’ont vécu les 750 passagers du Thalys parti de la capitale française en fin d’après-midi ce mardi 19 juillet 2022. Un véritable enfer sur Terre et malgré les malaises de certains passagers, l’évacuation n’a été menée qu’après une attente interminable. Une décision que Thalys explique.

"Il n’y avait pas d’autres solutions"

La compagnie ferroviaire précise d’abord la cause de cet arrêt prolongé. Interrogée par Le Parisien, elle précise qu’il s’agit "d’un problème matériel lié à la chaleur", même si les raisons précisent restent encore à déterminer. Elle assure ensuite avoir mené "plusieurs tentatives" pour redémarrer, sans succès.

Comme le relaye la VRT, Jacques Damas, PDG de Thalys, a personnellement réagi pour expliquer la difficulté de la situation. En l’occurrence, ce Thalys venait de quitter la gare du Nord et s’est arrêté à proximité de la gare de Saint-Denis, d’abord sous un tunnel puis quelques centaines de mètres plus loin, en plein soleil sur la voie du milieu. "Beaucoup d’autres voies passent à cet endroit précis, et pendant les heures de pointe, il y avait beaucoup de monde là-bas. De plus, le quai le plus proche était loin, et les gens devaient de toute façon traverser les voies ferrées très fréquentées pour s’y rendre", dit-il. "Aux heures de pointe, on ne peut pas arrêter tout le trafic ferroviaire et traverser les voies comme ça, ce serait dangereux. C’est pourquoi le conducteur du train a essayé de remettre la climatisation en marche le plus rapidement possible. Ensuite, nous avons organisé l’évacuation. C’était la meilleure solution. On ne peut pas s’en réjouir, mais à ce moment-là, il n’y avait pas d’autres solutions que d’évacuer après le pic".

Une scène chaotique

Résultat: les passagers ne risquent pas d’oublier le calvaire qu’ils ont vécu. Avec la chaleur, ils ont rapidement sué à grosses goutes. Le personnel de bord s’est retrouvé lui aussi désemparé et les provisions manquaient. "Au bout de deux heures, il n’y avait plus d’eau au wagon bar. Les contrôleurs ont fait tout ce qu’ils pouvaient, ont distribué du Perrier, du Coca. Mais il y a eu des malaises, les chiens suffoquaient au sol", décrit au Parisien un personne présente dans le train. Même les toilettes auraient été bloquées selon les messages partagés par certains passagers sur Twitter. Les prisonniers du train ont parfois eu très peu d’eau à leur disposition. Des vidéos montrent également des personnes présentes sur les quais en train de lancer des bouteilles en direction des rares ouvertures. Les portes de sortie du train étaient également bloquées, par mesure de sécurité.

Pour tenter de limiter la polémique, la société assure aujourd’hui vouloir dédommager ses clients à la hauteur du préjudice subi. Au micro de RTL Info, Jacques Damas assure que chacun d’entre eux recevra une somme équivalente à 250% du prix dépensé pour le billet.

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