Les portes de l’UE se débloquent pour la Macédoine du Nord et l’Albanie

Un vote au parlement nord-macédonien ouvre la voie à une résolution des conflits empêchant l'adhésion à l'UE de Skopje et Tirana.

Drapeaux de l'Union européenne
Drapeaux de l’Union européenne, le 12 mai 2022 © BelgaImage

En Macédoine du Nord, le parlement a approuvé samedi un compromis dans le différend avec la Bulgarie voisine. Cela ouvre la voie à l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Union européenne (UE). Il en est de même pour l’Albanie, dont la candidature à l’UE était liée à celle de Skopje. Le parti d’opposition nationaliste VMRO-DPMNE a quitté la salle en signe de protestation.

Vote sous haute tension

Le parlement de Skopje a donné son feu vert au cadre des négociations avec l’UE. Ce cadre comprend également un compromis pour le conflit avec la Bulgarie voisine. Les Nord-Macédoniens s’engagent à reconnaître la minorité bulgare dans leur pays dans la constitution et à prendre d’autres mesures pour protéger les droits des minorités.

Le gouvernement social-démocrate de Macédoine du Nord s’est montré disposé à faire ces concessions afin de mettre enfin les négociations d’adhésion sur les rails, mais le compromis a mis la politique nationale sous haute pression. Le parti d’opposition nationaliste VMRO-DPMNE ne veut pas en entendre parler. Elle met en garde contre une érosion de l’identité nationale. Les députés ont quitté la salle en signe de protestation samedi. Ils n’ont pas pu empêcher l’approbation du cadre, mais une majorité des deux tiers est requise pour un amendement constitutionnel.

Bruxelles applaudit et veut rassurer

Samedi, Bruxelles a réagi avec satisfaction à la décision du parlement. "C’était une opportunité historique et vous l’avez saisie. Un grand pas en avant sur votre chemin vers l’Union européenne", a salué le vote de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a également salué la percée. L’ancien Premier ministre belge promet que la conférence intergouvernementale – le début officiel des négociations – pourra avoir lieu la semaine prochaine.

La Macédoine du Nord est un pays candidat depuis 2005 et attend le début des négociations depuis 2008. Pendant des années, la Grèce a bloqué toute ouverture jusqu’à ce que le petit pays voisin accepte en 2018 de changer son nom de Macédoine en Macédoine du Nord. Après le veto grec, cependant, est venu un autre, venu de Bulgarie cette fois-ci, qui a également voulu négocier des concessions en termes de langue, d’histoire et de protection des minorités.

Le VMRO-DPMNE, mais aussi certains détracteurs libéraux du compromis, craignent que la Bulgarie ne demande encore plus de concessions lors des négociations d’adhésion. Cependant, von der Leyen avait assuré lors d’une visite à Skopje cette semaine que la langue et l’identité macédoniennes seraient respectées. "Il ne fait aucun doute que la langue macédonienne est votre langue", a-t-elle déclaré. "Les questions bilatérales telles que l’interprétation de l’histoire ne sont pas des conditions préalables aux négociations d’adhésion".

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