La vague migratoire grandit drastiquement au Sahel

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est préoccupé par le nombre de déplacés toujours plus grand au Sahel.

Une Malienne dans un camp de réfugiés
Une Malienne tirant un jerrican d’eau dans un camp de réfugiés, le 3 mai près de Bassiknou (sud de la Mauritanie) @BelgaImage

Le Sahel compte près de 5 millions de personnes ayant fui leurs foyers et la vague grossit en raison des attaques djihadistes mais aussi des conflits communautaires, situation aggravée par le sous-développement et le réchauffement climatique, s’alarme le chef du HCR.

Le Burkina Faso en première ligne

Le pays le plus touché pour l’heure par cette crise humanitaire est le Burkina Faso, a affirmé Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, en visite jeudi et vendredi au Tchad, où il s’est rendu dans plusieurs camps de réfugiés dans ce pays qui en accueille plus d’un million. Fin juin 2022, "la région du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) est confrontée à une grave crise humanitaire prolongée, qui a contraint 4.820.871 personnes à fuir leur foyer", dont près de trois millions de déplacés internes dans leurs pays, déplore le HCR dans un communiqué présentant la visite de M. Grandi.

"Le pays le plus touché, c’est le Burkina Faso, qui compte près de deux millions de déplacés internes", a déploré le diplomate italien jeudi soir dans un entretien avec l’AFP dans le camp de Kalambari, qui abrite quelque 8.000 réfugiés camerounais à une trentaine de km au sud de N’Djamena. "Il y a deux ans, on en enregistrait 500.000 au Mali et au Burkina Faso, ce qui me paraissait déjà énorme", avait-il assuré quelques heures plus tôt dans la capitale tchadienne.

Des actions gouvernementales pas adaptées

"C’est préoccupant, les pays qui inquiètent le plus sont le Burkina Faso et le Mali. C’est dû à l’action des groupes armés qui terrorisent les populations, vident les villages et poussent les gens vers les grandes villes", a estimé le diplomate italien. "Mais c’est aussi dû à la réaction trop musclée des gouvernements", a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à N’Djamena.

"La principale action des gouvernements" face aux djihadistes, "elle est sécuritaire alors qu’il faut accompagner cela", notamment par le développement de "l’éducation", "la lutte contre la pauvreté et les inégalités au Sahel", a estimé M. Grandi dans son entretien avec l’AFP, martelant: "Tout cela va affaiblir l’extrémisme, l’action militaire seule ne suffit pas". "À cela est venu s’ajouter l’urgence climatique, qui prive les communautés de ressources et favorise les conflits (…), nous avons besoin de plus d’aide humanitaire pour tous les pays du Sahel", a conclu le chef du HCR, qui visite vendredi d’autres camps de réfugiés au Tchad.

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