Boris Johnson démissionne: qui pourrait diriger le Royaume-Uni?

Alors que le Royaume-Uni s’apprête à tourner la page Boris Johnson, les bookmakers parient déjà sur le nom du prochain Premier ministre.

Boris Johnson
Boris Johnson, le 7 juillet 2022 @BelgaImage

Cette fois-ci, les scandales à répétition auront eu raison de Boris Johnson. Suite à des démissions en série au sein de son gouvernement, le Premier ministre a quitté la tête du parti conservateur (les Tories). S’il devrait garder son poste jusqu’en automne prochain, la fin de son règne est désormais actée. Bien qu’attaché à rester au 10 Downing Street, il n’aura toutefois pas été jusqu’à demander un vote de confiance du Parlement. En cas de vote négatif, cela aurait pu provoquer des élections anticipées, alors que les sondages donnent l’opposition travailliste largement devant. Pour éviter cette débandade, Boris Johnson a fini par lâcher prise avant que cela n’arrive. Un scénario qui permet au parti au pouvoir, celui conservateur en l’occurrence (les Tories), de juste mener une élection en interne pour savoir qui doit prendre la tête du parti et donc du Royaume-Uni puisqu’il est au pouvoir.

Le parti devrait en théorie se mettre d’accord sur l’établissement d’une liste réduite de deux candidats, a priori avant la fin de la session parlementaire qui se clôturera le 21 juillet, avant un vote qui devrait avoir lieu d’ici début septembre. Mais les médias anglo-saxons ont déjà lancé les pronostics pour savoir qui pourrait sortir grand vainqueur et devenir Premier ministre.

Opposés à Johnson en 2019, potentiels successeurs en 2022

Un nom qui revient particulièrement souvent est celui de Penny Mordaunt. Pour le Guardian et le bookmakers, c’est même la grande favorite. Pour l’instant, elle tient le poste de ministre d’État au Commerce au sein du gouvernement Johnson. Elle bénéficie aussi d’une solide expérience politique, ayant été à la tête de différents ministères: Défense, Égalité des sexes, Développement international, ou encore Personnes handicapées. Elle est également députée depuis 2010. Si elle partage avec le Premier ministre son fervent soutien au Brexit, elle pâtit toutefois de son ancien soutien à Jeremy Hunt qui a affronté Johnson pour prendre la tête du parti en 2019. Elle n’a également pas manqué de critiquer le Premier ministre lors de scandales comme le Partygate. Aujourd’hui, elle représente la deuxième personnalité préférée des conservateurs, selon un sondage du média de droite Conservative Home.

Penny Mordaunt

Penny Mordaunt. © BelgaImage

Le premier de ce même sondage, c’est Ben Wallace. Il a remplacé Penny Mordaunt comme secrétaire d’État à la Défense en 2019, titre qu’il garde encore aujourd’hui. Avant le référendum sur le Brexit, il défendait le maintien dans l’Union européenne. Il a ensuite voté l’accord établi entre Bruxelles et la Première ministre Theresa May, tout en s’opposant à un nouveau référendum sur le sujet. Au sein du gouvernement, il a notamment dû se frotter au dossier de la guerre en Ukraine. Il s’est également montré personnellement affecté par le retrait des troupes occidentales en Afghanistan, justifiant son émotion par le fait qu’il était un ancien militaire, tout comme son père. Aujourd’hui, il n’est toutefois pas le favori des bookmakers, qui le placent en troisième position ce jeudi.

Ben Wallace

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Les deux grands frondeurs de la semaine

Devant Ben Wallace, on trouve en deuxième position (aussi bien dans le classement du Guardian que dans celui des bookmakers) Rishi Sunak. Il a d’abord fait partie du gouvernement de Theresa May en étant Sous-secrétaire d’État au Gouvernement local. Sous Johnson, il est devenu Secrétaire en chef du Trésor puis Chancelier de l’Échiquier, c’est-à-dire ministre des Finances. Né à Southampton, il vient d’une famille du Pendjab indien. S’il devait être élu à la tête du parti conservateur, il marquerait l’histoire en devenant le tout premier Premier ministre britannique aux origines non-occidentales. Lors du référendum sur le Brexit, il était partisan de la sortie de l’Union européenne. Il a ensuite soutenu Boris Johnson en 2019 lors de son élection à la direction des Tories. Ce 5 juillet, il a malgré tout démissionné pour protester contre la gestion erratique par le gouvernement du scandale d’allégations de harcèlement sexuel envers le député Chris Pincher.

Rishi Sunak

Rishi Sunak. © BelgaImage

Un autre ministre a lui aussi démissionné ce mardi, juste avant Rishi Sunak: Sajid Javid. Il était depuis un an Secrétaire d’État à la Santé. Avant cela, il avait précédé Sunak au poste de Chancelier de l’Échiquier. Il a également été à la tête de plusieurs ministères depuis David Cameroun (Culture et sport, Commerce, Logement ou encore Intérieur). Né dans le Lancashire d’une famille pakistanaise, il est cette semaine devenu très rapidement populaire outre-Manche parmi les bookmakers. Si ceux-ci ne lui donnaient aucune chance encore lundi, il est aujourd’hui en cinquième position. Il était un partisan du "Remain" lors du référendum sur le Brexit, bien qu’il lui est arrivé de tenir des positions eurosceptiques. Il est également un fervent partisan d’Israël, malgré ses origines (lui-même n’est cela dit pas un musulman pratiquant).

Sajid Javid

Sajid Javid © BelgaImage

Trois autres potentiels candidats

Si Sajid Javid bénéficie d’une popularité croissante, il est pour l’instant devancé par Liz Truss, troisième ex-aequo avec Ben Wallace dans le classement des bookmakers. Elle est depuis 2019 Ministre des Femmes et de l’Égalité, en plus du poste de Secrétaire d’État aux Affaires étrangères depuis septembre 2021. Elle aussi a dirigé plusieurs ministères depuis l’ère Cameroun (Environnement, Justice, et Commerce international). Elle était parmi les plus grands partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, même si elle a ensuite soutenu le résultat du référendum.

Reste deux candidats potentiels, pour l’instant moins populaires. Le premier est Nadhim Zahawi le Chancelier de l’Échiquier, né à Bagdad d’une famille kurde et arrivé en Angleterre à onze ans. En septembre 2021, il est devenu Secrétaire d’État à l’Éducation. Après la démission de Sunak mardi, il a pris sa place de Chancelier de l’Échiquier, ce qui ne l’a pas empêché à appeler ensuite Boris Johnson à quitter le 10 Downing Street. Il a soutenu la sortie de l’Union européenne.

La dernière personnalité est Tom Tugendhat, président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des Communes, la chambre basse du Parlement. Il a la double nationalité franco-britannique, sa femme étant elle-même française et fille d’un diplomate. Catholique mais d’origine juive, il a dénoncé l’antisémitisme dont il était victime. En 2016, il était partisan du maintien dans l’UE.

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