Guerre en Ukraine: quelles entreprises ont quitté ou pas la Russie?

Si certaines sociétés occidentales, y compris belges, ont boycotté la Russie suite à la guerre en Ukraine, d'autres ont décidé d'y rester.

Menu McDonald's russe
Menu McDonald’s russe, le 15 mars 2018 @BelgaImage

Cela fait maintenant quatre mois de demi que Moscou a lancé son invasion de l’Ukraine. Depuis, au-delà des sanctions, des entreprises occidentales se sont mobilisées pour punir le Kremlin. Près de 1.000 d’entre elles ont volontairement décidé de quitter la Russie durant les deux premiers mois de la guerre, selon le décompte opéré par des experts, des chercheurs et des étudiants de l’université Yale. Une liste qui continue de s’allonger mais malgré la pression, d’autres sociétés ont décidé de continuer leurs activités, dont certaines sont belges.

Des attitudes variables parmi les Belges

Dans la liste de Yale, les entreprises sont notées selon un grade scolaire, allant de A (arrêt total des engagements en Russie) à F (aucun changement depuis le début du conflit). En date du 4 juillet 2022, on ne trouve dans la catégorie A qu’une seule entreprise belge, AB InBev, qui produit des marques de bières comme Stella Artois, Corona, Budweiser, Hoegaarden, Leffe ou encore Jupiler et Diekirch. La société basée à Louvain a vendu sa participation dans des coentreprises et a suspendu l’utilisation de sa licence en Russie.

Quatre ont reçu la note B, qui équivaut à une réduction temporaire de la plupart ou de presque toutes leurs opérations en Russie, même si l’hypothèse d’un retour reste possible. Le groupe de chimie Solvay a suspendu ses opérations dans ce pays et le groupe KBC ses transactions avec certaines banques russes. Le groupe La Lorraine, spécialisé dans la boulangerie, "a suspendu depuis début mars ses exportations vers la Russie, de même que la construction d’un nouveau site de production près de Moscou", alors que l’ONG European University Association a cessé sa coopération avec des agences gouvernementales russes.

Aucune entreprise belge n’obtient la note C mais trois sont listés dans la catégorie D. Ici, il est seulement question de sociétés ayant reporté des projets en Russie, tout en continuant leurs activités normalement par ailleurs. On y retrouve le producteur de PVC pour fenêtres et portes Deceuninck, qui a arrêté ses investissements et coupé ses liens avec d’autres établissements, la multinationale Sarens active notamment dans les transports lourds et techniques, et le producteur de siliccone et de mastics Soudal, qui a annulé ses investissements dans une nouvelle usine russe.

Restent deux entreprises qui ont obtenu le grade le plus bas, c’est-à-dire F. Le premier est Bekaert, spécialisé dans dans la transformation de fils d’acier. La société belge possède une usine à Lipetsk depuis 2010 et a annoncé en 2021 une expansion de cette installation. L’investissement, d’une valeur totale de 1,7 milliars de roubles, devait pour le premier semestre 2022. La deuxième société est Deep in Russia, qui propose toujours des voyages en Russie malgré le contexte très compliqué.

Les entreprises occidentales divisées

Pour ce qui est des entreprises non-belges, l’université Yale a attribué la note F à 243 d’entre elles. On y retrouve notamment 26 françaises, dont Auchan, Bonduelle, Dessange, Etam, La Redoute, Lacoste, Lactalis, Leroy Merlin, Bic, et Vinci. 29 entreprises américaines sont également concernées, comme Hard Rock Café, Tupperware et Match Group (détenteur de Tinder). Les Allemands sont bien représentés avec 22 entreprises et côté italien, il y en a 13, avec entre autres les magasins italiens de vêtements Boggi, Calzedonia, Diesel, Giorgio Armani, le vendeur de pâtes De Cecco, et le groupe bancaire UniCredit. Moins nombreuses sont les entreprises espagnoles (6 au total, dont le groupe Borges qui est un des leaders mondiaux sur le marché de l’huile) et néerlandaises (4, dont Philips). Au Royaume-Uni, seul le spécialiste du recrutement Antal est concerné.

Dans le domaine des produits de supermarché, c’est souvent l’entre-deux. La note D a ainsi été attribuée à Nestlé (Nescafé, Nespresso, Vittel, Perrier, Kitkat, Smarties, Nesquik, etc.), Unilever (Axe, Dove, Lipton, Cornetto, Ben&Jerry’s, Magnum, Knorr, etc.), Danone et Mondelez (Oreo, Milka, etc.). Avec la note C, on retrouve Coca-Cola Mars, Kellogg’s et Pepsi.

À l’autre bout du classement, les entreprises françaises suivantes figurent parmi celles ayant obtenu la cote A: Deezer, L’Occitane, Renault et la Société Générale. Dans la catégorie B, on retrouve en plus Air France, l’entreprise de transports Alstom, Axa, BNP Paribas, Chanel, le Crédit agricole, Dassault, Decathlon, EDF, Hermès, Kering, L’Oréal, LVMH, Michelin ou encore Ubisoft.

Ailleurs en Occident, passons d’abord à l’Italie où seules deux sociétés sont classés A: la compagnie d’assurance Generali et le producteur national d’électricité Enel. Côté B, on retrouve par exemple Ferrari, Prada. En Allemagne, la liste est beaucoup plus longue. La note A est entre autres attribuée à Aldi, Deutsche Bank et Telekom, Lufthansa, Siemens et Tui, ainsi que la B à Adidas, Audi, BMW, Haribo, Hugo Boss, Mercedes-Benz, Playmobil, Porsche, Puma et Volkswagen. Le Royaume-Uni fait encore mieux pas moins de 43 entreprises avec la note A (dont BP, Shell, Vodafone, etc.) et une quarantaine avec la note B (Asos, Aston Martin, British Airways, Burberry, Farfetch, JD Sports, Kodak, Lush, Marks & Spencer, Rolls Royce…). Aux USA, ont notamment obtenu la note A Bose, Electronic Arts, Exxon, HP, IBM, McDonald’s, McKinsey, Netflix, Nike, Starbucks, Uber et Universal. Dans la catégorie B, il y a Airbnb, Amazon, AMD, Apple, Bentley, Boeing, Booking, Burger King, Dell, Disney, DuPont, Ebay, Fitch, Ford, Intel, Levi Strauss, Mastercard, MSC, Nvidia, Paramount, Paypal, Ralph Lauren, TikTok, Twitter, Victoria’s Secret, Visa, WarnerMedia Western Union et WeTransfer. Pour terminer, notons que le Suédois Ikea s’est ccomplètement retiré de Russie et obtient ainsi la cote A, alors que le Japonais Uniqlo figure dans la catégorie B.

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