"Don’t say gay": la loi polémique entre en vigueur en Floride

Depuis ce 1er juillet, il est interdit d’enseigner des sujets en lien avec l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, dans les écoles maternelles et primaires de Floride.

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Des élèves manifestant contre la loi « Don’t say gay », le 3 mars à Tampa (Floride) @BELGAIMAGE

Quelques jours après la révocation du droit à l’avortement, c’est un nouvel recul des libertés et de la démocratie aux États-Unis. Plus spécialement en Floride : fin mars, le gouverneur républicain, Ron DeSantis, y signait une loi interdisant la mention des questions LGBTQ+ dans les écoles maternelles et primaires de Floride. "Nous allons nous assurer que les parents puissent envoyer leurs enfants à l’école pour qu’ils apprennent, pas pour qu’ils soient endoctrinés", déclarait alors le gouverneur.

Le texte est entré en vigueur ce vendredi 1er juillet : en Floride, il est désormais interdit d’enseigner des sujets avec l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Et ce, de la maternelle jusqu’à la l’équivalent de la troisième primaire, lorsque les élèves ont huit ou neuf ans.

Selon Ron DeSantis, "c’est aux parents de parler de ces questions avec leurs enfants". En mars, l’opposition démocrate et les militants pour les droits des personnes LGBT avaient tenté de bloquer cette loi qu’ils ont surnommée "Don’t Say Gay". Il y a quelques semaines, un élève de 18 ans, avait été interdit par le directeur de son école, d’évoquer dans son speech de remise de diplôme le mot "gay". Une interdiction que le jeune homme avait astucieusement contournée.

Démission d’institutrices

Depuis, des institutrices floridiennes ont préféré démissionner, pour marquer leur opposition à cette loi. Au micro de Radio France, l’une d’elles, Anita Carson, soulignait le fait que selon des études, parler d’orientation sexuelle et de genre à l’école réduit le risque de suicide chez les jeunes LGBT. "Nous savons que les élèves qui n’ont pas d’adulte de confiance, et qui s’identifient à quelque chose qui les préoccupe et qu’ils essaient de comprendre peuvent adopter des comportements plus risqués", disait-elle.

Pour Josh Bell, fondateur de l’association LGBT "One Orlando", viser la communauté LGBTQ est un moyen pour le gouverneur de Floride d’amasser des voix.

"Notre gouverneur a toujours misé sur les idées extrémistes : il essaie de se positionner pour la présidence en séduisant l’électorat de Trump. Plus vous êtes extrême, plus vous obtenez de votes, et il utilise la communauté LGBTQ comme une cible politique", expliquait le militant au média français.

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