Après l’avortement, les droits LGBT en danger aux Etats-Unis

Le couperet est tombé, la Cour Suprême a tranché. Le droit à l’avortement est désormais révoqué aux USA. En marge de ce retour en arrière, les révélations du juge Clarence Thomas font craindre une possible répercussion sur le mariage pour tous…

Pride de Columbus
Pride de Columbus, Ohio, USA © Belga Image

Ils sont déjà 7 États à avoir rendu l’avortement interdit et 7 autres devraient emboiter le pas dans le mois à venir. Cette décision, qui a fait l’effet d’une bombe, relance le débat sur le droit acquis du mariage pour tous… Et c’est l’un des juges les plus conservateurs, Clarence Thomas qui en mène la fronde. " Dans de futurs dossiers " concernant, eux aussi, le respect de la vie privée, " nous devrions revoir toutes les jurisprudences ", a-t-il écrit, dans un argumentaire personnel qui accompagne la décision.

Dans cet argumentaire, il cite trois arrêts en particulier : " Griswold v. Connecticut " de 1965, qui consacre le droit à la contraception, " Lawrence v. Texas " de 2003, qui rend inconstitutionnelles les lois pénalisant les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Et, aussi, " Obergefell v. Hodges ", l’arrêt de 2015 protégeant le mariage pour tous à un niveau fédéral et qui reste, depuis toujours, une cible prioritaire de la droite religieuse.

Une opinion d’un seul juge

Selon Clarence Thomas, nommé en 1991 par George Bush (père), ces jurisprudences s’appuient en effet sur la même disposition de la Constitution que celle, désormais invalidée, qui protégeait le droit à l’avortement. Toujours selon lui, la Cour a à ses yeux " le devoir de ‘corriger cette erreur' ".

Cependant, à ce stade, cette opinion n’est toutefois celle que d’un seul juge, et la décision de vendredi elle-même, adoptée à la majorité, précise d’ailleurs noir sur blanc que " rien dans cet arrêt ne doit être interprété comme remettant en doute des jurisprudences sans lien avec l’avortement ".

Malgré tout, l’inquiétude semble demeurer au sein de la haute juridiction. Les trois magistrats démocrates, désormais en infériorité numérique suite aux remaniements effectués par Trump,  se sont dissociés de la majorité qui selon eux " met en danger d’autres droits à la vie privée, comme la contraception et les mariages homosexuels ".

Une route extrêmement dangereuse et d’autres droits en potentiel danger

Vendredi, le président Joe Biden a également rappelé qu’il avait prévenu des conséquences possibles de cette décision sur d’autres droits " que nous prenons pour acquis, comme l’accès à la contraception ou le droit d’épouser la personne qu’on aime ". Et de lancer cet avertissement : " C’est une route extrême et dangereuse sur laquelle la Cour suprême nous a entraînés. "

Car le profond remaniement de la Cour suprême sous la présidence de Donald Trump crée un boulevard en direct vers le Moyen-Âge que la haute magistrature semble vouloir s’engager.

A travers trois nominations (polémiques) ad vitam, l’ancien président a donné un avantage considérable aux Républicains au sein de la Cour suprême. Ce dernier a ainsi donné une franche majorité aux conservateurs, ce qui fait redouter aux démocrates, à des juristes et à de nombreuses associations que d’autres droits, dont celui au mariage pour les personnes de même sexe, puissent être prochainement mis sur la sellette.

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