France: le duel Macron-Mélenchon a déjà commencé en vue du 2e tour

La soirée du premier tour des législatives françaises a déjà donné un bon avant-goût de la tournure que prendront ces élections.

Affiches électorales d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon, le 10 avril 2022 @BelgaImage

La majorité sortante d’Emmanuel Macron et la coalition de gauche (Nupes) emmenée par Jean-Luc Mélenchon ont entamé sans attendre leur duel d’entre-deux tours des élections législatives, après avoir largement dominé le premier tour dimanche devant le Rassemblement national et la droite. Selon les résultats du Ministère de l’Intérieur, la coalition de gauche (Nupes) a obtenu 25,66% des votes, juste derrière l’alliance présidentielle Ensemble avec 25,75%. Le Rassemblement national de Marine Le Pen a reçu 18,68% des voix.

Une abstention majeure

Dès 20H00, les représentants de la Nupes, au coude-à-coude en voix devant la majorité sortante d’après les instituts de sondage, ont contesté les projections prévoyant une majorité de sièges pour les soutiens d’Emmanuel Macron à l’issue du second tour, dimanche 19 juin. Mais pour la Première ministre Élisabeth Borne, la coalition présidentielle est "la seule force politique en mesure d’obtenir la majorité" à l’Assemblée.

De nombreux responsables politiques ont également déploré le fort taux d’abstention, un "fait majeur qui doit tous nous interroger" selon la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire.

Un "second tour de clarification"

La Première ministre Élisabeth Borne a lancé les hostilités pour le second tour, estimant qu’Ensemble! était "la seule force politique en mesure d’obtenir la majorité" à l’Assemblée. "Face aux extrêmes, nous seuls portons un projet de cohérence, de clarté et de responsabilité. J’appelle donc toutes les forces républicaines à se rassembler autour de ce projet et de nos candidats", a poursuivi la cheffe du gouvernement. Le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a lui aussi prédit un "second tour de clarification" entre la macronie et la Nupes. "La réalité, c’est qu’il y a un projet, le nôtre, qui est européen, et puis un projet, le leur, qui s’éloigne de l’Union européenne. Un projet, le nôtre, qui est républicain, et un projet, le leur, qui s’éloigne à bien des égards de la République", a attaqué l’ancien porte-parole du gouvernement. La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire s’est, quant à elle, dite "contente de voir que la majorité est présente dans une écrasante majorité de circonscriptions".

"La vérité est que le parti présidentiel est battu et défait", a réagi le leader de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon, pour qui sa coalition "sera présente dans plus de 500 circonscriptions au deuxième tour". "Nous avons déjoué tous les pronostics et nous sommes en tête au premier tour" et dimanche prochain "la victoire est possible", a abondé la députée LFI sortante de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain. Le 19 juin, "ce sera Mélenchon contre Borne", a résumé un autre député LFI sortant, Bastien Lachaud.

Marine Le Pen renvoie Macron et Mélenchon dos à dos

Largement en tête dans sa circonscription mais contrainte à un second tour, Marine Le Pen a jugé possible d’envoyer "un groupe très important" du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale. En cas de duel entre la majorité présidentielle et la Nupes, elle a appelé ses électeurs à "ne pas choisir entre les destructeurs d’en haut et les destructeurs d’en bas". "La France n’est ni une salle de marché, ni une Zad", a lancé la responsable d’extrême droite.

Alors que les candidats du RN n’ont pas réussi à capitaliser sur la dynamique de Marine Le Pen à la présidentielle, le président du parti Jordan Bardella a appelé les électeurs au "sursaut", jugeant qu’il n’y avait "pas de fatalité" à l’alternative entre majorité présidentielle et union de la gauche.

LR attend pour sa consigne de vote

De son côté, la droite représentée par la coalition LR-UDI totalise 11,29% des voix, un score bien plus élevé que les 4,76% de la candidate des Républicains (LR) Valérie Pécresse à la présidentielle. Le sénateur Philippe Bas a salué "un redressement très net" de LR, qui pourrait néanmoins perdre sa place de premier groupe d’opposition au Palais-Bourbon dimanche prochain. Le président de LR Christian Jacob ne veut, lui, donner "aucune voix pour les extrêmes, que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche", a-t-il déclaré dimanche sur France 2.

Interrogé sur les indications de vote que donnera LR en ce cas, "on le définira demain car on a un conseil stratégique, mais il y a une ligne qui a toujours été claire: c’est aucune voix pour les extrêmes, que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche", a-t-il précisé, en annonçant que les députés LR seront "constructifs" dans l’opposition.

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