Poutine atteint " d’un cancer au stade avancé ": des informations fiables?

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, l'état de santé de Vladimir Poutine est au centre de nombreuses attentions. Les rumeurs se multiplient sur la possible grave maladie dont souffrirait le chef du Kremlin. Dernière en date: des sources américaines qui assurent qu'il est atteint d'un cancer du pancréas à un stade avancé.

Poutine atteint
Belga Image

Depuis le début de " l’opération militaire spéciale " russe en Ukraine, les spéculations vont bon train sur l’état de santé de Vladimir Poutine. Parkinson, cancer de la thyroïde,… les rumeurs, qui circulaient déjà avant le conflit, se sont multipliées.

Ce jeudi 2 juin, l’hebdomadaire américain Newsweek a fait état d’un rapport du renseignement américain selon lequel le chef du Kremlin aurait été soigné, en avril dernier, pour un cancer à un stade avancé. Le média cite comme source trois hauts responsables de trois agences des renseignements américains. " Tout le monde sent que la fin est proche" , assure l’une de ses sources à l’hebdomadaire. Il s’agit, pour la première fois, d’informations émanant de sources " sérieuses ". Mais ces informations sont-elles vraiment fiables pour autant?

" Très difficile à vérifier " 

La désinformation est aussi puissante côté russe que côté américain et ukrainien" , rappelle Eric Denecé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, sur RTL. " Il faut être extrêmement prudent avec des déclarations de cette nature, d’autant que c’est une information très difficile à vérifier" . " Ce que nous savons, c’est qu’il y a là un iceberg, même s’il est couvert de brouillard" , reconnait l’une des sources à Newsweek. Les trois hauts responsables admettent, selon le média, que l’isolement actuel de Vladimir Poutine rend " plus difficile pour les services de renseignement américain d’évaluer avec précision son état de santé" .  Précisant que certains analyses du renseignement avaient été formés au diagnostic à distance et à la psychiatrie. Une pratique jugée " très délicate " par le géopolitologue Patrick Martin-Genier. " Il faut être médecin, et tous les médecins ne seraient pas d’accord entre eux" , avance le spécialiste dans les colonnes du Parisien. " Une posture ne veut rien dire, tout cela est hypothèque" . Le géopolitologue estime par ailleurs qu’un cancer ne l’empêcherait pas de rester " en position de gouverner" .

Interrogée par nos confrères du Nieuwsblad, la chargée de cours à la KULeuven et experte de la Russie Ria Laenen juge que les informations de l’hebdomadaire américain " ne prouvent rien, mais ce n’est pas exclu" . Elle rappelle toutefois que le chef du Kremlin fait " tout pour que sa vie privée reste cachée au monde extérieur. (…) Ce que nous savons, ce sont des choses qu’il veut que nous sachions" .

Quant à l’affirmation, également rapportée par Newsweek, selon laquelle Vladimir Poutine aurait bel et bien échappé à une tentative d’assassinat, la réserve est également de mise. " Pourquoi est ce que l’entourage aurait cherché à assassiner Poutine en pleine crise?" , s’interroge Eric Denecé, selon qui les motivations " justifiant une élimination de Poutine n’ont pas de sens" .

Le spécialiste, interrogé par RTL France, est catégorique: " Pour l’instant, ce sont encore des rumeurs" .

Qui pour lui succéder?

Si, on le comprend, toutes ces informations doivent être prises avec des pincettes, l’accumulation de rumeurs poussent certains à s’interroger sur l’éventuelle succession du chef du Kremlin.

Comme le rappellent nos confrères de la Libre, deux scénarios sont prévus par la Constitution russe. Le premier, en cas d’empêchement temporaire, prévoit un remplacement par le Premier ministre. Le deuxième, au cas où " le président de la Fédération de Russie cesse d’exercer ses attributions avant terme, en cas de démission, d’incapacité permanente pour raison de santé (…) ou de destitution" , prévoit une élection à organiser " au plus tard trois mois à compter de la cessation anticipée " du mandat présidentiel.

Outre le Premier ministre, un nom revient souvent sur la table selon Aude Merlin, chargée de cours à l’ULB et spécialiste de la Russie. " On parle beaucoup de Nikolaï Patrouchev (secrétaire du Conseil de la sécurité de la Russie) ", explique-t-elle à nos confrères de la Libre. " Mais en réalité, on n’en sait rien, c’est très opaque ce qu’il se passe" .

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