Ukraine: la mère du journaliste tué riposte à l’agence de presse russe

Scandalisée par un article de l'agence Tass sur son fils, la mère de Frédéric Leclerc-Imhoff a décidé de ne pas rester sans répondre.

Frédéric Leclerc-Imhoff
Le journaliste français Frédéric Leclerc-Imhoff @BelgaImage

Deux jours après l’annonce de la mort du journaliste de BFMTV Frédéric Leclerc-Imhoff, le choc est toujours palpable en France. L’affaire fait d’autant plus de bruit après un article de l’agence de presse russe Tass. Celui-ci affirme que le Français n’était pas journaliste mais mercenaire, en citant un séparatiste pro-russe comme source. Une affirmation qui a choqué la mère de Frédéric Leclerc-Imhoff. Celle-ci a tenu à réagir en interpellant directement Tass.

"Jamais vous ne réussirez à salir sa mémoire"

Via BFMTV, la mère prend ainsi directement à partie l’agence de presse. "À l’attention de l’agence Tass et des responsables de la RPL Bonjour. Je suis la maman du jeune journaliste que vous avez tué hier. Votre communiqué me donne la nausée. Bien sûr vous cherchez lâchement à vous dédouaner mais sachez que jamais vous ne réussirez à salir sa mémoire", déclare-t-elle.

Elle continue ensuite en réaffirmant le mérite de son fils, tout en continuant sa critique du régime russe. "Tout le monde ici connaît son engagement professionnel et personnel pour la démocratie, le respect humain et surtout une information libre, impartiale et honnête, toutes notions qui semblent bien éloignées de ce qui vous anime. Aujourd’hui, mes pensées vont à toutes les mères ukrainiennes qui pleurent leurs enfants, tous les enfants ukrainiens qui pleurent leurs parents et toutes les mères russes qui ont vu trop tôt leurs jeunes partir soldats, qui ne les reverront pas et qui se demandent pourquoi. Moi, au moins, malgré la douleur, je sais pourquoi mon fils est mort. Un jour, les véritables responsables de cette absurdité criminelle devront rendre des comptes".

En parallèle, la mère de Frédéric Leclerc-Imhoff a déclaré, toujours sur BFMTV, que "sa courte vie a eu un sens". "Il était très engagé et je suis fière de ses choix", réagit-elle.

"J’ai l’impression que le temps s’est suspendu"

Autre proche du journaliste qui a réagi: son compagnon, Sam. Il a ainsi publié un long message sur Instagram pour décrire avec ses mots la personne qu’il aimait, description qu’il ne retrouvait dans aucun article de presse. "Ça faisait tout juste un an que j’étais avec Fred. On avait matché de suite, j’aimais son côté sensible, à l’écoute et engagé. […] Il m’avait dit ‘je t’aime’ au bout de quelques semaines", écrit-il, avant de raconter la passion de Frédéric Leclerc-Imhoff pour son travail. "malgré la précarité du statut de pigiste et les horaires de l’enfer qu’on lui imposait depuis des années". Il explique aussi comment le journaliste l’a soutenu avant son coming-out non-binaire. "Il a été la première personne à me genrer au masculin, à me rassurer, à m’aimer sans condition aucune. […] On se prenait régulièrement de l’homophobie dans la rue, des ‘pédés’ aux sales regards. On avait un peu peur qu’un jour il nous arrive un truc à cause de ça […] Voilà, Fred est mort hier et j’ai l’impression que le temps s’est suspendu. Quand il est parti en Ukraine, on se disait qu’un mois sans se voir, c’était vraiment trop long. Un mois, c’est devenu le reste de ma vie".

Comme l’explique BFMTV, Frédéric Leclerc-Imhoff a été tué alors qu’il se dirigeait vers Lisichansk, près de la ville intensément bombardée de Severodonetsk. Il suivait un convoi humanitaire dans un véhicule blindé lorsqu’un éclat d’obus a traversé le pare-brise et l’a touché. Il s’agissait de sa deuxième mission en Ukraine.

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