La Croatie pourra adopter l’euro le 1er janvier 2023

La Croatie vient d'obtenir le dernier feu vert européen pour devenir le 20e pays de la zone euro, qui se diffuse encore un peu plus à l'Est.

Des kunas et des euros
Des kunas, la monnaie croate, et des euros @BelgaImage

Malgré l’impact des crises du Covid et de l’agression russe en Ukraine, la voie reste dégagée pour que la Croatie devienne le 1er janvier prochain le vingtième pays de la zone euro. La Commission européenne a adopté ce mercredi un rapport confirmant que cet État des Balkans occidentaux remplit les critères de convergence économique, a-t-elle annoncé dans un communiqué. La Banque centrale européenne (BCE) est allée dans le même sens.

Des efforts constants pour entrer dans la zone euro

Dès lors, les 27 États membres de l’UE et le Parlement européen seront appelés dans les prochaines semaines à donner leur feu vert à cette entrée, avant une décision finale des ministres des Finances de l’UE attendue le 12 juillet prochain. Anticipant ces décisions, le gouvernement croate a déjà décidé d’afficher les prix, dès septembre prochain, à la fois dans la monnaie nationale (la kuna) et en euros. En janvier dernier, le Premier ministre Andrej Plenkovic avait appelé les habitants à mettre leurs économies en liquide à la banque pour qu’elles soient automatiquement converties en euro le moment venu.

De petite taille et de nature largement touristique, l’économie croate, très ouverte et liée à des groupes bancaires de grands pays, doit encore faire face à certaines faiblesses concernant l’environnement entrepreneurial et la corruption, mais ses efforts constants de coopération avec les autorités européennes et sa large participation au grand plan de relance de l’UE, avec les réformes qui y sont liées, plaident aussi en sa faveur, indiquait-on mercredi de source européenne.

Plus que sept pays de l’UE hors de la zone euro

Parmi les sept pays qui se sont engagés à adopter l’euro, la Croatie est actuellement le seul à remplir tous les critères de convergence (inflation dans la ligne de celle des pays de la zone euro, déficit et dette publics à la baisse, stabilité du taux de change, bon taux d’intérêt à long terme) et à avoir aligné sa législation sur le traité UE et les statuts de la BCE. La Bulgarie, la Tchéquie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Suède ne remplissent pas tous ces critères. Quant au Danemark, il avait choisi par référendum, il y a trente ans, de ne pas participer à l’euro.

"Vingt ans après l’introduction des premiers billets de banque, l’euro est devenu l’une des monnaies les plus puissantes du monde, améliorant les conditions de vie de millions de citoyens", a affirmé la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans un communiqué. "Moins d’une décennie après son adhésion à l’UE, la Croatie est désormais prête à rejoindre la zone euro le 1er janvier. L’économie croate s’en trouvera renforcée, ce qui profitera à ses citoyens, à ses entreprises et à la société dans son ensemble. L’adoption de l’euro par la Croatie rendra également l’euro plus fort", a-t-elle ajouté. Petit pays de 4 millions d’habitants, la Croatie deviendrait ainsi, après la Slovénie en 2007, le deuxième État issu de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie à être à la fois membre de l’UE et de la zone euro.

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