Chine: la détention de masse des Ouïghours dévoilée en détails

Une fuite de documents dévoile comment la Chine emprisonne drastiquement le peuple Ouighour dans des prisons et «camps de rééducation».

Chine: la détention de masse des Ouïghours dévoilée en détails
Quelques visages parmi les milliers de prisonniers Ouighours. (https://www.xinjiangpolicefiles.org/)

Cela fait des années que le parti communiste chinois est accusé de traitement inhumain et de détention de masse à l’encontre du peuple Ouïghour et d’autres peuples musulmans. Plusieurs pays ont même qualifié ces actes de génocide.

Ce mardi, de nouvelles informations viennent à nouveau confirmer ces accusations, les Xinjiang Police Files, de nombreuses données issues des ordinateurs de la police du Xinjiang, région à l’extrême-ouest de la Chine, où vivent de nombreuses minorités musulmanes. Datant de 2018, elles ont été récupérées par des pirates informatiques avant d’être transmises à différents médias.

On y trouve plus de 2.000 photos, des portraits des prisonniers Ouïghours, de 15 à 73 ans ainsi que leurs dossiers de détenus. Ils ont été emprisonnés pour des raisons aussi banales que des signes extérieurs de leur foi islamique ou un voyage dans un pays majoritairement musulman. Des photos des entrainements des gardiens et autres opérations ont aussi été dévoilés.

Les entrainements des gardiens incluent du matraquage. (https://www.xinjiangpolicefiles.org/)

Ces fichiers contiennent également des preuves de l’utilisation de "camps de rééducation" où les Ouïghours sont autant emprisonnés que dans les prisons officielles, ainsi que les consignes données aux gardiens et autres agents de sécurité, qui ont ordre de tirer à vue pour tuer en cas de fuite ou d’évasion  La présence de nombreuses fusils à lunettes et mitrailleuses est mentionnée, tout comme l’utilisation de bandeaux, menottes et chaines pour les prisonniers.

La divulgation de ces documents coïncide avec le voyage en Chine de Michelle Bachelet, commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU, qui doit justement visiter la région de Xinjiang.

Pour le gouvernement chinois, ces camps de rééducation sont des écoles et les Ouïghours ont été emprisonnés car accusés de terrorisme. Une version des faits désormais contredite par les documents révélés récemment, notamment des fichiers remplis d’horribles punitions arbitraires.

D’après la BBC, "ces documents constituent l’une des preuves les plus solides à ce jour de l’existence d’une politique visant presque toute expression de l’identité, de la culture ou de la foi islamique des Ouïghours, et d’une chaîne de commandement remontant jusqu’au dirigeant chinois, Xi Jinping".

Les documents et photos peuvent être consultés sur www.xinjiangpolicefiles.org.

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