France: qui sont les membres du nouveau gouvernement?

L'Élysée a révélé les noms des nouveaux ministres français, avec quelques surprises à la clé.

Alexis Kohler sur le perron de l'Élysée
Alexis Kohler sur le perron de l’Élysée, le 20 mai 2022 @BelgaImage

Ce vendredi 20 mai 2022, le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, a officiellement annoncé la composition du nouveau gouvernement français. Une information qui s’est faite attendre puisque l’élection présidentielle s’est terminée il y a presque un mois. Les élections législatives auront lieu dans trois semaines et jusqu’ici, seul le nom de la nouvelle Première ministre, Élisabeth Borne, était connu jusqu’ici. Elle a pris ses fonctions lundi dernier avec la tâche supplémentaire de mener la "planification écologique". Aujourd’hui, on connaît enfin l’identité de ses ministres. Bilan: un total de 28 personnes avec une parité parfaite entre les sexes: 14 hommes et 14 femmes.

Quelques changements dans les ministères régaliens

Les ministres considérés comme les plus importants sont au nombre de cinq: ceux régaliens. Parmi eux, le changement le plus important s’est opéré au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, jusqu’ici tenu par un ancien socialiste, Jean-Yves Le Drian. À sa place, on trouve Catherine Colonna, peu connue du grand public. Elle a pourtant été porte-parole de la présidence et ministre déléguée aux Affaires européennes sous Jacques Chirac. Elle a ensuite été représentante permanente de la France à l’UNESCO, ambassadrice de France en Italie, et représentante de la France à l’Organisation de coopération et de développement économiques. Depuis 2019, elle tenait le titre d’ambassadrice de France au Royaume-Uni, alors que ce pays sortait de l’Union européenne. Aujourd’hui, elle est la seule femme à tenir un ministère régalien

Le deuxième changement est celui du ministre des Armées. Depuis 2017, lorsqu’Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, c’est une ancienne socialiste, Florence Parly, qui occupait les bureaux du ministère, à l’hôtel de Brienne. Elle avait confié au Parisien qu’un "cycle s’achevait" pour elle. C’est finalement Sébastien Lecornu qui aura pour charge de prendre sa suite, et ce alors que la guerre fait rage en Ukraine. Ce transfuge de droite était depuis 2020 ministre des Outre-mer. Il avait été auparavant ministre chargé des Collectivités territoriales et Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique.

Quant à ceux qui restent, à l’Intérieur, on retrouve sans grande surprise Gérald Darmanin, un ancien membre du parti LR (droite) qui était déjà présent à ce poste depuis 2020. Connu pour ses mesures fortes sur l’immigration, il continuera à tenir la Place Beauveau, siège de son ministère, sous le gouvernement Borne.

Autre personnalité importante du quinquennat précédent: Bruno Le Maire. Lui aussi ancien membre de LR, il a été secrétaire d’État aux Affaires européennes et ministre de l’Agriculture sous Sarkozy. En 2017, lors de l’élection d’Emmanuel Macron, il rejoint Bercy pour devenir ministre de l’Économie et des Finances. L’Élysée vient de le confirmer à ses fonctions.

Enfin, au ministère de la Justice, c’est l’avocat Éric Dupond-Moretti qui tenait le rôle de Garde des Sceaux depuis 2020. Accusé de conflits d’intérêt, il était dit sur la sellette. Finalement, il reste à son poste.

Quelques annonces fortes

Pour le reste du gouvernement, Alexis Kohler a enchaîné les noms retenus pour le gouvernement Borne. La grande surprise, c’est le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye. Historien spécialiste des États-Unis et des minorités, il était directeur du Musée de l’Histoire de l’immigration. Partisan de François Hollande en 2012, il succède à Jean-Michel Blanquer qui était présent à ce poste depuis 2017.

Autre nom particulièrement important: celui du ministère de la Santé. Olivier Véran tenait ce poste depuis février 2020 et est devenu une figure majeure durant la crise du Covid. Il devient désormais ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. À son ancien ministère, on retrouvera désormais Brigitte Bourguignon. Ancienne député PS, elle était depuis 2020 ministre déléguée chargée de l’Autonomie.

Un autre profil n’a pas manqué d’attirer l’attention: Damien Abad C’est l’un des grands transfuges de ce nouveau gouvernement puisqu’il était jusqu’à hier président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Il a été nommé ministre des Solidarités et de l’Autonomie.

Beaucoup d’autres nominations

Poste scruté avec attention: celui du ministère de la Transition écologique. C’est Amélie de Montchalin qui prendra la suite de Barbara Pompili, qui avait fait savoir auparavant qu’elle était sur le point de quitter le gouvernement. Elle était jusqu’ici ministre à la Fonction publique. Son ancien portefeuille sera repris par un ancien socialiste devenu député parisien LREM en 2017, Stanislas Guerini. À la Transition énergétique, c’est Agnès Pannier-Runacher qui a été nommée ministre. Elle était depuis deux ans ministre déléguée chargée de l’Industrie.

Pressenti pour figurer dans le nouveau gouvernement, Olivier Dussopt a été nommé ministre du Travail, du Plein-emploi et de l’Insertion. Il prend ainsi la suite d’Élisabeth Borne, nouvelle cheffe du gouvernement. À la Culture, un autre nom qui revenait souvent dans les bruits de couloirs: Rima Abdul Malak. D’abord adjointe à la culture à la mairie de Paris, cette Franco-Libanaise est ensuite passée à l’ambassade de France aux USA où elle était attachée culturelle à New York. Depuis 2019, elle était devenue conseillère culturelle à la présidence de la République. Elle succède aujourd’hui à Roselyne Bachelot, qui quitte le gouvernement où elle est restée deux ans.

Pour le reste, Amélie Oudéa-Castéra, actuelle directrice générale de la Fédération française de tennis, a été nommée ministre des Sports. Elle sera notamment chargée de la préparation des Jeux olympiques de Paris de 2024. Au ministère des Outre-mer, on retrouve Yaël Braun-Pivet à la place jusqu’ici tenue par Sébastien Lecornu. Cette ancienne socialiste était depuis 2017 présidente de la commission des Lois de l’Assemblée nationale. À l’Agriculture, Julien Denormandie est remplacé par Marc Fesneau. Ce dernier était depuis 2018 ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, poste repris aujourd’hui par Olivier Véran. Enfin, dernier ministère en lice: celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il sera tenu par Sylvie Retailleau. En 2020, elle avait été élue président de la prestigieuse université Paris-Saclay.

Des ministres délégués connus ou inconnus du grand public

Pour ce qui est des ministres délégués, outre Olivier Véran, a notamment été ccité Gabriel Attal. Connu pour avoir été porte-parole du gouvernement depuis 2020, cet ancien socialiste aura désormais la charge de ministre délégué chargé des comptes publics. Autre membre de l’ancien gouvernement Castex, Clément Beaune, jusqu’ici secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, voit son titre légèrement renommé pour devenir ministre chargé de l’Europe. A également été nommé Franck Riester, l’ancien ministre de la Culture au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Ensuite devenu ministre chargé de l’Attractivité et du Commerce extérieur, il garde ce même poste sous Élisabeth Borne.

Sont également apparus des petits nouveaux, à l’instar de la magistrate Isabelle Rome. En 1987, elle est devenue la plus jeune juge de France à 23 ans. En 2020, elle avait participé au Grenelle sur les violences conjugales et logiquement, elle devient aujourd’hui ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances.

Proche de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, le maire d’Angers Christophe Béchu a été nommé ministre délégué chargé des collectivités territoriales. Diplômée en communication à Sciences Po Paris et en marketing à l’ESSEC, la députée LREM Olivia Grégoire devient porte-parole du gouvernement à la place de Gabriel Attal.

Trois secrétaires d’État clôturent la liste. Justine Benin, députée de Guadeloupe proche du Modem de François Bayrou, devient secrétaire d’Etat chargée de la mer. Charlotte Caubel est la nouvelle secrétaire d’Etat chargée de l’enfance. Cette magistrate a été élue en 2020 directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse du ministère de la Justice. Enfin, la députée européenne LREM d’origine grecque Chrysoula Zacharopoulou a été citée au poste de secrétaire d’Etat chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux.

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