La Communauté géopolitique européenne à l’agenda de l’UE

Charles Michel a exposé l'ébauche du projet de Communauté géopolitique européenne, avec aussi une nouvelle version du processus d'adhésion à l'UE.

Charles Michel à Bruxelles
Le président du Conseil européen Charles Michel, le 25 février 2022 à Bruxelles @Photonews

Le président du Conseil européen, Charles Michel, mettra à l’agenda du sommet des 23 et 24 juin l’idée de donner, "autour ou après l’été", une réalité politique à une nouvelle Communauté géopolitique européenne, qui s’étendrait de l’Islande à l’Azerbaïdjan ou l’Arménie, de la Norvège à la Turquie.

Deux sommets par an

S’exprimant devant le Conseil économique et social européen, à la suite de prises de position similaires ces dernières semaines de l’Italien Enrico Letta ou du président français Emmanuel Macron, le Belge s’est dit convaincu de l’existence d’une "communauté géopolitique, qui s’étend de Reykjavík à Bakou ou Erevan, d’Oslo à Ankara". Les pays des Balkans occidentaux et ceux du Partenariat oriental (dont font partie l’Ukraine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Moldavie) seraient concernés au premier chef, même si "cette initiative ne vise en aucun cas à remplacer l’élargissement ou à trouver une nouvelle excuse pour procrastiner", a indiqué M. Michel. L’objectif serait d’approfondir la coopération pour promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité du continent.

Des sommets de cette Communauté auraient lieu deux fois par an, tandis que les ministres des Affaires étrangères rejoindraient le conseil de l’UE de manière régulière. D’autres formations du conseil pourraient suivre le même exemple. L’accent serait mis sur les relations extérieures, mais aussi sur l’association aux programmes socio-économiques de l’UE qui ne nécessitent pas d’alignement réglementaire, mais peuvent apporter des avantages mutuels concrets, comme Erasmus, le programme de recherche et de développement Horizon ou les infrastructures de transport et d’énergie, a détaillé M. Michel. "Je proposerai lors de notre Conseil européen de juin la tenue d’une conférence autour ou après l’été avec les dirigeants de UE et ceux des pays partenaires concernés, afin de discuter des options concrètes de ce nouveau projet commun".

Un processus d’adhésion 2.0 à l’UE

Par ailleurs, concernant le processus d’adhésion lui-même, Charles Michel s’est dit favorable à une intégration graduelle dans l’UE des pays qui y sont candidats, "déjà pendant le processus d’adhésion". Se prononçant pour un processus d’adhésion "plus rapide, progressif et réversible", il a défendu l’idée d’"offrir des avantages socio-économiques concrets à nos partenaires pendant les négociations d’adhésion, au lieu d’attendre la toute fin". Car actuellement, le processus relève du "tout ou rien, créant beaucoup de désillusion de part et d’autre".

"Par exemple, lorsqu’un pays satisfait aux normes nécessaires dans un secteur donné, il pourrait participer activement avec voix consultative aux travaux du conseil des ministres (de l’UE), en fonction de l’agenda. Le pays serait également progressivement intégré dans les actions de l’UE, à mesure que sa conformité avec l’acquis est confirmée. Par exemple, dans certains secteurs du marché intérieur, de la zone d’itinérance de l’UE ou du marché commun de l’énergie", a exposé le Belge.

L’accès aux programmes de financement européens serait aussi possible, si le pays atteint certains critères de référence. À l’inverse, si un pays fait marche arrière dans certains domaines, par exemple l’État de droit, certains avantages acquis de l’intégration pourraient lui être retirés. Cette réversibilité avait déjà été exigée par la France en 2020. Ce mécanisme aurait l’avantage d’encourager les réformes structurelles nécessaires des pays candidats, et aiderait à résoudre des différends bilatéraux, "souvent motivés par des questions relatives aux minorités", selon le président du Conseil.

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