Obsèques de Shireen Abu Akleh: l’Union européenne dénonce l’usage de la force par Israël

L'Union européenne (UE) s'est dite "consternée" vendredi par l'usage de la force "inutile" par les forces israéliennes lors des funérailles à Jérusalem de la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh, tuée mercredi lors d'un raid israélien en Cisjordanie occupée.  

Enterrement de la journaliste Shireen Abu Akleh
© Belga

" Consternée par la violence dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Joseph et par le niveau de force inutile exercée par la police israélienne tout au long du cortège funèbre ", a tweeté la délégation de l’Union européenne auprès des Palestiniens.

La police israélienne a dispersé une foule brandissant des drapeaux palestiniens à la sortie du cercueil de l’hôpital. " Un comportement aussi disproportionné ne fait qu’alimenter les tensions ", d’après l’UE.

D’après le Croissant rouge palestinien, 33 personnes ont été blessées lors des funérailles, dont six ont été hospitalisées. La police israélienne a de son côté fait état de six arrestations. Vendredi, une marée humaine a participé aux funérailles de la journaliste de Al Jazeera à Jérusalem. Des violences ont éclaté à la sortie du cercueil de la journaliste de l’hôpital, la police israélienne dispersant une foule brandissant des drapeaux palestiniens. " Si vous n’arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d’avoir lieu ", a déclaré dans un mégaphone un policier israélien en direction de la foule, selon une vidéo diffusée par la police.

Des images retransmises par des télévisions locales montrent le cercueil manquer de tomber au sol. Il a finalement été transporté vers la Vieille Ville où une messe a été prononcée dans une église grecque-catholique comble. Les ruelles du quartier chrétien à ses abords débordaient de badauds venus participer aux obsèques de la reporter américano-palestinienne de 51 ans qui avait grandi à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par Israël. La foule a suivi le cercueil jusqu’au cimetière.

Les funérailles de l’icône du journalisme palestinien ont eu lieu alors que de nouveaux heurts ont éclaté près et dans le camp de Jénine, un bastion des factions armées palestiniennes d’où étaient originaires des auteurs d’attaques meurtrières ces derniers mois en Israël. Le décès de Shireen Abu Akleh a suscité une vague d’émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux États-Unis. Plusieurs appels à une enquête " transparente " ont été lancés.

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