Qui est Ahmadreza Djalali, professeur de la VUB condamné à mort?

Accusé d’espionnage par le régime iranien, cet ancien professeur invité de la VUB est en prison depuis six ans et a été condamné à mort. Il pourrait être exécuté d’ici au 21 mai.

Manifestation pour la libération d'Ahmadreza Djalali
© BelgaImage

Docteur

Au mois d’avril 2016, Ahmadreza Djalali ne devait faire qu’un court séjour en Iran, son pays d’origine. Spécialisé en médecine de catastrophe, professeur invité à la VUB, cet Irano-Suédois alors âgé de 44 ans est arrêté par la police secrète et emprisonné. Six ans plus tard, il n’a toujours pas quitté le pays.

Inique

À l’issue d’un procès qualifié d’inéquitable par des ONG internationales, Ahmadreza Djalali est condamné à mort en 2017 pour “propagation de la corruption sur terre” en lien avec de prétendues activités d’espionnage pour le compte d’Israël.

Torture

Aucun élément de preuve n’est présenté pour démontrer ses activités d’”espion”. Mais il finit par faire des “aveux”, après avoir été soumis à la torture. Il ne reçoit de visite de son avocat que sept mois après son arrestation.

Vengeance

Auprès de celui-ci, Djalali nie catégoriquement être un espion du Mossad. Il en est persuadé: le régime des mollahs chercherait en réalité à lui faire payer son refus de mener des activités d’espionnage sur le sol européen.

Isolement

En prison, son état de santé se détériore: il perd plus de 20 kilos. Depuis près de deux ans, il n’a pas été autorisé à appeler sa femme ni ses enfants en Suède.

Menace constante

Fin 2020, l’inquiétude grandit: l’exécution de Djalali semble imminente. Pour de nombreux observateurs, Téhéran l’utilise comme monnaie d’échange contre la libération d’Iraniens poursuivis en Belgique pour une tentative d’attentat avortée en banlieue parisienne, en 2018.

“Vives inquiétudes”

La pression est remontée ces dernières semaines. Selon une agence de presse locale, le médecin irano-suédois devrait être exécuté au plus tard le 21 mai 2022. Amnesty International dit nourrir “les plus vives inquiétudes” quant à la situation d’Ahmadreza Djalali.

Pressions

En programmant l’exécution de Djalali, l’Iran ferait pression sur la Suède pour libérer Hamid Nouri, qui y est poursuivi pour son rôle dans des massacres commis en 1988 dans les prisons iraniennes.

Pétition

Amnesty International a lancé une pétition exhortant l’Iran à annuler la sentence et à libérer Djalali. Elle a récolté plus de 130.000 signatures en Belgique.

Diplomatie

La Belgique s’est dite “particulièrement préoccupée”. Le Premier ministre Alexander De Croo a demandé à s’entretenir avec le président iranien Ebrahim Raïssi. Il compte aborder avec lui le cas Djalali.

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