Le G7 s’engage à ne plus acheter de pétrole russe

Le G7 n'achètera plus de pétrole russe, tout en restant évasif sur les détails. Washington et Londres ont de plus adopté d'autres sanctions.

Emmanuel Macron lors du G7
Emmanuel Macron lors de la vidéoconférence du G7, à l’Élysée le 8 mai 2022 @BelgaImage

"Le G7 tout entier s’est engagé aujourd’hui à interdire ou supprimer progressivement les importations de pétrole russe", a annoncé dimanche la Maison Blanche dans un communiqué.

Des sanctions concertées mais à géométrie variable

Cette décision "va porter un coup dur à la principale artère irriguant l’économie de (Vladimir) Poutine et le priver des revenus dont il a besoin pour financer sa guerre" contre l’Ukraine, affirme l’exécutif américain. Son communiqué ne précise toutefois pas quels engagements exactement a pris chacun des membres du G7, à savoir l’Allemagne (qui en a la présidence cette année), le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, et le Royaume-Uni.

Le G7 tenait dimanche, en visioconférence, sa troisième réunion de l’année, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les Occidentaux font preuve jusqu’ici d’une très étroite coordination dans leurs annonces de sanctions contre la Russie, mais n’avancent pas au même rythme quand il s’agit de pétrole et de gaz russe. Les États-Unis, qui n’en étaient pas de grands consommateurs, ont d’ores et déjà interdit l’importation d’hydrocarbures russes. Les États membres de l’Union européenne, sous pression pour se joindre au mouvement, mais beaucoup plus dépendants de la Russie, continuaient dimanche à mener d’intenses tractations pour mettre en place un embargo sur le pétrole russe.

Les USA multiplient les mesures

Washington a par ailleurs annoncé dimanche dans un communiqué de la Maison Blanche une nouvelle salve de sanctions contre la Russie, autour de deux axes majeurs: les médias, et l’accès des entreprises et des grandes fortunes russes aux services de conseil et de comptabilité dont les Américains et les Britanniques sont les grands spécialistes mondiaux. Les États-Unis vont sanctionner les chaînes de télévision Pervy Kanal, Rossiïa-1, et NTV. Il sera interdit à toute entreprise américaine de les financer par de la publicité ou de leur vendre des équipements. "Aucune société américaine ne doit participer au financement de la propagande russe", a dit un haut responsable de la Maison Blanche, qui a requis l’anonymat, en soulignant que ces médias étaient directement ou indirectement contrôlés par le Kremlin.

Autre axe d’attaque de Washington: interdire la prestation de services "d’audit, de management, de conseil, de marketing, tous les services utilisés pour faire fonctionner des entreprises multinationales, mais aussi potentiellement pour contourner les sanctions ou dissimuler des richesses mal acquises", a dit la même source. Elle a souligné que si les Européens avaient les liens industriels les plus étroits avec la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni dominaient en revanche l’univers des services, au travers notamment des "Big Four", les quatre géants mondiaux de l’audit et du conseil Deloitte, EY, KPMG et PwC.

Washington a par ailleurs annoncé de nouvelles interdictions d’exportation de produits américains vers la Russie, sur toute une série de biens d’équipement allant des bulldozers aux systèmes de ventilation en passant par les chaudières. Les États-Unis ont enfin fait savoir dimanche qu’ils allaient imposer des restrictions de visa à 2.600 personnalités russes et bélarusses, ainsi que prendre des sanctions contre des responsables des banques Sberbank et Gazprombank.

Le Royaume-Uni adopte également d’autres sanctions

Le gouvernement britannique a également annoncé dimanche un nouveau train de sanctions commerciales contre la Russie et le Bélarus en raison de l’invasion de l’Ukraine, avec des interdictions d’exportation visant l’industrie russe et la hausse de tarifs douaniers, notamment sur le palladium. "Cet important paquet de sanctions infligera encore plus de dommages à la machine de guerre russe", a déclaré la ministre du Commerce international, Anne-Marie Trevelyan, dans un communiqué.

Les tarifs douaniers vont augmenter de 35 points de pourcentage, notamment pour le platine et le palladium -utilisé dans l’industrie automobile-, tandis que les interdictions d’exportation visent des biens destinés aux secteurs manufacturier et de machinerie lourde en Russie, comme le plastique, le caoutchouc ou des machines. "La Russie est l’un des principaux pays producteurs de platine et de palladium et dépend fortement du Royaume-Uni pour exporter" ces produits, a souligné le gouvernement. Ces sanctions portent sur 1,7 milliard de livres de biens en valeur (environ 2 milliards d’euros), a précisé l’exécutif, portant à plus de 4 milliards de livres la valeur des biens visés par des sanctions commerciales depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février. Le Royaume-Uni a aussi sanctionné depuis l’invasion plus de 1.000 individus et plus de 100 entreprises.

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